16. Quelle est la nature du Soi ?
yathārtham-āy
uḷḷadu ātma-sorūpam oṉḏṟē. jaga-jīva-īśvarargaḷ, śippiyil veḷḷi pōl adil
kaṟpaṉaigaḷ. ivai mūṉḏṟum ēka-kālattil tōṉḏṟi ēka-kālattil maṟaigiṉḏṟaṉa. sorūpam-ē
jagam; sorūpam-ē nāṉ; sorūpam-ē īśvaraṉ; ellām śiva sorūpam ām.
Ce qui existe réellement est seulement ātma-svarūpa
[la ‘propre forme’ ou la vraie nature de soi-même].
Le monde, l’âme et Dieu sont des kalpanaigaḷ [fabrications,
imaginations, créations mentales, illusions ou superpositions illusoires] en elle, comme l’argent [illusoire] dans une coquille. Ces trois apparaissent simultanément et
disparaissent simultanément. Svarūpa [notre propre forme ou véritable
nature] seule est le monde {sorūpam-ē jagam} ; svarūpa
seule est ‘je’ [ego ou âme] {sorūpam-ē nāṉ} ; svarūpa
seule est Dieu {sorūpam-ē īśvaraṉ} ;
tout est śiva-svarūpa [la ‘forme propre’ ou véritable
nature de śiva, le tout infini unique, qui est soi-même] {ellām śiva sorūpam ām}.
17. Tout n’est-il pas l’œuvre de
Dieu ?
icchā-saṅkalpa-yatnam-iṉḏṟi y-eṙunda ādittaṉ saṉṉidhi-māttirattil
kānta-k-kal aggiṉiyai-k kakkuvadum, tāmarai malarvadum, nīr vaṯṟuvadum, ulahōr
tattaṅ kāriyaṅgaḷil piraviruttittu iyaṯṟi y-aḍaṅguvadum, kāntattiṉ muṉ ūsi
cēṣṭippadum pōla saṅkalpa-rahitar-āy-irukkum īśaṉ saṉṉidhāṉa-viśēṣa-māttirattāl
naḍakkum muttoṙil alladu pañcakiruttiyaṅgaṭ kuṭpaṭṭa jīvargaḷ tattam
karmāṉusāram cēṣṭit taḍaṅgugiṉḏṟaṉar. aṉḏṟi, avar saṅkalpa-sahitar allar; oru
karumam-um avarai y-oṭṭādu. adu lōka-karumaṅgaḷ sūriyaṉai y-oṭṭādadum, ēṉaiya
catur-bhūtaṅgaḷiṉ guṇāguṇaṅgaḷ viyāpakam-āṉa ākāyattai y-oṭṭādadum pōlum. (paragraph 15)
Tout comme en la simple présence du soleil, qui s’est
levé sans icchā [goût, souhait ou désir], saṁkalpa [désir, volonté ou intention] [ou] yatna [effort
ou exertion], une pierre solaire [sūryakānta,
une gemme qui est censée émettre du feu ou de la chaleur lorsqu’elle est
exposée au soleil] émettant du feu, un lotus qui
fleurit, l’eau qui s’évapore, et les gens du monde qui commencent [ou s’engagent
dans] leurs kāryas [activités] respectives, font [ces kāryas] et cessent [ou s’apaisent],
et [tout comme] devant un aimant une aiguille
se déplace, les jīvas [êtres vivants],
qui sont soumis {sujets} à [ou pris au piège de] muttoṙil
[la triple fonction de Dieu, à savoir la création, le maintien et la
dissolution du monde] ou pañcakṛtyas [les
cinq fonctions de Dieu, à savoir la création, le maintien, la dissolution,
dissimulation et grâce], qui se produisent par la
seule [ou rien de plus que] la nature spéciale
de la présence de Dieu, qui est saṁkalpa rahitar [celui
qui est dépourvu de toute volonté ou intention], se
déplacent [exercent ou s’engagent dans une activité] et s’apaisent [cessent d’être actifs, deviennent
immobiles ou dorment] conformément à leurs karmas
respectifs [c’est-à-dire conformément non seulement à leur karma
ou destin prārabdha, qui les pousse à faire toutes les actions nécessaires pour
qu’ils fassent l’expérience de toutes les choses agréables et désagréables qu’ils
sont destinés à expérimenter, mais aussi à leurs karma-vāsanās,
leurs inclinations à penser, à parler et à agir de manière particulière, qui
les disposent à faire des efforts pour faire l’expérience de choses agréables
et pour éviter de faire l’expérience de choses désagréables]. Néanmoins, il [Dieu] n’est
pas saṁkalpa sahitar [celui qui est lié {connecté, rattaché, associé} à ou possède une
quelconque volonté ou intention] ; même un seul karma
n’adhère pas à lui [c’est-à-dire qu’il n’est lié {limité, contraint} ou affecté {concerné}
en aucune façon par un karma ou une action quelconque]. C’est comme les actions du monde [les
actions qui se produisent ici sur terre] qui n’adhèrent
pas [ou n’affectent pas] le soleil, et [comme] les qualités et les défauts des quatre autres éléments [terre,
eau, air et feu] qui n’adhèrent pas à l’espace
omniprésent.
18.
Parmi les dévots, qui est le plus grand ?
āṉma-cintaṉaiyai-t
tavira vēṟu cintaṉai kiḷambuvadaṟku-c caṯṟum iḍam-koḍāmal ātma-niṣṭhāparaṉ-āy iruppadē taṉṉai īśaṉukku aḷippadām. (paragraph
13)
Être en ātma-niṣṭhāparaṉ [celui
qui est fermement établi en soi-même {Être complètement absorbé dans ātma-niṣṭhā = situé en soi, reposant en soi}], ne laissant pas la moindre place à la montée {apparition, émergence} de
toute autre cintana [pensée] excepté
ātma-cintana [pensée de soi-même : contemplation de soi ou
attention à soi], c’est s’abandonner {se donner}
uniquement à Dieu.
19.
Qu’est-ce que le non-attachement ?
niṉaivugaḷ
tōṉḏṟa-t tōṉḏṟa appōdaikkappōdē avaigaḷai-y-ellām uṯpatti-sthāṉattilēyē vicāraṇaiyāl naśippikka vēṇḍum. (paragraph 11)
Au fur et à mesure que les pensées apparaissent, à ce moment-là {immédiatement, à ce
moment précis, sur le champ, alors et là}, il est nécessaire de
les annihiler toutes par vicāraṇā [investigation
ou intense attention à soi] à l’endroit même d’où
elles surgissent {dont elles sont issues, naissent, apparaissent}.
muttu-k-kuḷippōr
tam-m-iḍaiyil kallai-k kaṭṭi-k-koṇḍu mūṙki-k kaḍal-aḍiyil kiḍaikkum muttai
eppaḍi eḍukkiṟārgaḷō, appaḍiyē o-vv-oruvaṉum vairāggiyattuḍaṉ taṉṉuḷ ḷ-āṙndu
mūṙki ātma-muttai y-aḍaiyalām. (paragraph 11)
De même que les plongeurs de perles, qui s’attachent
des pierres à la taille et plongent, ramassent les perles qui se trouvent au
fond de l’océan, de même chacun, en plongeant au plus profond de soi avec vairāgya
[liberté du désir d’être conscient
de quoi que ce soit d’autre que soi-même], peut
obtenir ātma-muttu [la perle de soi, c’est-à-dire la perle qui
est notre propre véritable nature].
20.
N’est-il pas possible que Dieu et le guru
procèdent à la libération d’une âme ?
Dieu et guru ne font que montrer le
chemin pour atteindre la libération (mukti), mais ils ne peuvent pas, de
leur propre chef, établir les jīvas dans libération.
Notes: from “The different texts of “Who am I?
Mountain Path Mountain Path, Aradhana Issue, 1994”
Notes : à
partir de “Les différents textes de ‘ Qui suis-je ? Mountain Path Mountain Path, Aradhana Issue, 1994”
kaḍavuḷ-um guru-v-um uṇmaiyil vēṟallar. puli-vāyil
paṭṭadu evvāṟu tirumbādō, avvāṟē guruviṉ-aruḷ-pārvaiyil paṭṭavargaḷ avarāl
rakṣikka-p-paḍuvarē y-aṉḏṟi y-oru-k-kāl-um kaiviḍa-p-paḍār; eṉiṉum, guru
kāṭṭiya vaṙi-p-paḍi tavaṟādu naḍakka vēṇḍum.
En vérité, Dieu et le guru ne sont pas
différents. Tout comme ce qui a été pris dans les mâchoires d’un tigre ne
reviendra pas, ceux qui ont été pris dans le regard [ou vision {attention,
vue}] de la grâce du guru ne seront jamais
abandonnés {délaissé} mais seront sûrement sauvés par lui ; néanmoins, il est
nécessaire de marcher {de se comporter, d’agir}
infailliblement en accord avec le chemin {la voie} que le guru a
montré.
(paragraph 12)
taṉṉai-t
taṉṉuḍaiya ñāṉa-k-kaṇṇāl-tāṉ-ē y-aṟiya vēṇḍum. rāmaṉ taṉṉai rāmaṉ-eṉḏṟaṟiya-k
kaṇṇāḍi vēṇḍum-ā? (paragraph
16)
Il est nécessaire de se connaître soi-même uniquement
par son propre œil de jñāna [pure conscience]. Est-ce qu’[une personne appelée] Raman a besoin d’un miroir pour se connaître en tant que
Raman ?
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