11. Quel est le moyen de s’accrocher constamment à la pensée ‘Qui suis-je ?’
piṟa
v-eṇṇaṅgaḷ eṙundāl avaṯṟai-p pūrtti paṇṇuvadaṟku ettaṉiyāmal avai yārukku
uṇḍāyiṉa eṉḏṟu vicārikka vēṇḍum. ettaṉai eṇṇaṅgaḷ eṙiṉum eṉṉa? jāggirataiyāy
ovvōr eṇṇamum kiḷambum-pōdē idu yārukku uṇḍāyiṯṟu eṉḏṟu vicārittāl eṉakkeṉḏṟu
tōṉḏṟum. nāṉ-ār eṉḏṟu vicārittāl maṉam taṉ piṟappiḍattiṟku-t tirumbi-viḍum;
eṙunda v-eṇṇamum aḍaṅgi-viḍum. ippaḍi-p paṙaga-p paṙaga maṉattiṟku-t taṉ
piṟappiḍattil taṅgi niṟgum śakti y-adhikarikkiṉḏṟadu. sūkṣmam-āṉa maṉam, mūḷai
indiriyaṅgaḷ vāyilāy veḷippaḍum pōdu sthūlam-āṉa nāma-rūpaṅgaḷ tōṉḏṟugiṉḏṟaṉa;
hirudayattil taṅgumbōdu nāma-rūpaṅgaḷ maṟaigiṉḏṟaṉa. maṉattai veḷiviḍāmal
hirudayattil vaittu-k-koṇḍiruppadaṟku-t-tāṉ ‘ahamukam’ alladu ‘antarmukham’
eṉḏṟu peyar. hrudayattilirundu veḷiviḍuvadaṟku-t-tāṉ ‘bahirmukham’ eṉḏṟu peyar.
i-v-vidham-āha maṉam hrudayattil taṅgavē, ellā niṉaivugaḷukkum mūlam-āṉa nāṉ
eṉbadu pōy eppoṙudum uḷḷa tāṉ māttiram viḷaṅgum. (paragraph 6)
Si d'autres pensées surgissent, sans chercher à les
compléter {de les achever}, il est nécessaire de
faire une investigation pour savoir à
qui elles sont arrivées {sont apparues, se sont produites}. Quelle
que soit la quantité de pensées qui s’élèvent, quelle [importance] cela a-t-il ? Avec vigilance, à chaque fois qu’une pensée
apparaît, si l’on fait une investigation pour
savoir à qui elle est survenue {apparue}, ce sera clair : à moi. Si l’on investigue qui suis je
{nāṉ-ār} [en
portant une attention vigilante à soi-même, le ‘moi’ auquel tout le reste
apparaît], le mental retournera à son lieu de
naissance [à savoir soi-même, la source d’où il a surgi] ; [et puisqu’on s’abstient ainsi d’y porter
attention {de s’en occuper}] la pensée qui avait surgi cessera également. Quand on
pratique et pratique {paṙaga-p paṙaga} de cette manière, pour
le mental, le pouvoir de se tenir fermement établi dans son lieu de naissance {soi-même}
augmente. Lorsque l’esprit subtil sort par la porte du cerveau {émerge en passant par le cerveau} et des organes des sens, les noms et les formes grossiers [les
phénomènes qui constituent à la fois le monde mental et le monde physique] apparaissent ; lorsqu’il reste dans le cœur [le
centre {essence} de soi-même, à savoir la
conscience fondamentale, ‘je suis’], les noms et les
formes disparaissent. Le nom ‘ahamukham’ [faire face à l’intérieur
ou faire face à je {tourné vers l’intérieur,
tourné vers le ‘je’ ou l’attention à soi}] ou ‘antarmukham’
[faire face à l’intérieur {introspection ou introversion}] sert
uniquement à [ou se réfère uniquement à] garder le mental dans le cœur [c’est-à-dire
garder le mental ou l’attention fermement fixé sur la conscience fondamentale ‘je
suis’, qui est le noyau ou le cœur de l’ego, la conscience adjointe-confondue ‘Je
suis ce corps’] sans la [laisser] sortir [vers quelque chose d’autre que ce
soit]. Le nom ‘bahirmukham’ [tourné vers l’extérieur] se réfère
uniquement au fait de le laisser sortir du cœur [c’est-à-dire de laisser son
mental se déplacer vers l’extérieur, loin de ‘je suis’, vers quelque chose d’autre].
C’est seulement lorsque le mental reste [fermement fixé] dans le cœur de cette
manière, que ce que l’on appelle ‘je’ [à savoir l’ego], qui est le mūlam
[racine, fondement, cause ou origine] de toutes les pensées, disparaît et soi-même {tāṉ}, qui existe toujours, brille
seul {reste
seul resplendissant}.
Quoi que l’on fasse, il faut le faire sans ‘ je ‘, l’ego. Si on demeure
ainsi, même sa propre femme apparaîtra comme jagadīśvari [la Mère de l’univers].
Celui qui se sacrifie au Soi, qui est Dieu, celui-là seul est le [vrai] dévot.
Notes: from “The different texts of “Who am I?
Mountain Path Mountain Path, Aradhana Issue, 1994”
Notes : à
partir de “Les différents textes de ‘ Qui suis-je ? Mountain Path Mountain Path, Aradhana Issue, 1994”
12.
N’y a-t-il pas d’autres moyens de rendre le mental calme ?
maṉam
aḍaṅguvadaṟku vicāraṇaiyai-t tavira vēṟu tahunda
upāyaṅgaḷ-illai. maṯṟa upāyaṅgaḷiṉāl aḍakkiṉāl maṉam aḍaṅgiṉāl-pōl irundu,
maṟupaḍiyum kiḷambi-viḍum. pirāṇāyāmattāl-um maṉam aḍaṅgum; āṉāl pirāṇaṉ
aḍaṅgi-y-irukkum varaiyil maṉam-um aḍaṅgi-y-irundu, pirāṇaṉ veḷi-p-paḍum-bōdu tāṉ-um
veḷi-p-paṭṭu vāsaṉai vayattāy alaiyum. maṉattiṟkum pirāṇaṉukkum piṟappiḍam
oṉḏṟē. niṉaivē maṉattiṉ sorūpam. nāṉ-eṉṉum niṉaivē maṉattiṉ mudal niṉaivu;
adu-v-ē y-ahaṅkāram. ahaṅkāram eṅgirundu uṯpatti-y-ō, aṅgirundu-tāṉ mūccum
kiḷambugiṉḏṟadu. āhaiyāl maṉam aḍaṅgum-pōdu pirāṇaṉ-um, pirāṇaṉ aḍaṅgum-pōdu
maṉamum aḍaṅgum. pirāṇaṉ maṉattiṉ sthūla rūpam-eṉa-p-paḍum. maraṇa-kālam varaiyil
maṉam pirāṇaṉai uḍalil vaittu-k-koṇḍirundu, uḍal marikkum kālattil adaṉai-k
kavarndu-goṇḍu pōkiṉḏṟadu. āhaiyāl pirāṇāyāmam maṉattai y-aḍakka sahāyam-āhum-ē
y-aṉḏṟi maṉōnāśam seyyādu. (paragraph 8)
Pour que le mental cesse [s’apaise ou se dissolve à
jamais], hormis vicāraṇā [investigation de soi], il n’y a pas d’autres
moyens adéquats {approprié ou propre = tahunda}. Si
on le fait cesser [s’atténuer {se calmer}
ou disparaitre] par d’autres moyens, le mental,
restant [pendant un certain temps] comme s’il
avait cessé {comme s’il s’était arrêté},
se lèvera à nouveau [surgira, émergera ou se manifestera]. Même par le prāṇāyāma [retenue {maitrise, contrôle} de la respiration], le mental cessera [s’atténuera, se calmera ou
disparaîtra] ; cependant, tant que le prāṇa [la
vie, telle qu’elle se manifeste dans la respiration et les autres processus
physiologiques] reste apaisé, le mental restera
également apaisé, [et] lorsque le prāṇa
émergera, il émergera également et errera sous l’emprise de [ses] vāsanās [inclinaisons ou propensions {impulsions
ou désirs}]. Le lieu de naissance {nous-même, ce que nous
sommes vraiment} à la fois pour le
mental et pour le prāṇa est unique [à savoir ātma-svarūpa,
la vraie nature de soi-même, qui est pure conscience, ‘je suis’]. La pensée {niṉaivē} seule est le svarūpa [la forme propre’ ou la
nature réelle] du mental. La pensée appelée ‘je’ est la première pensée du mental ; elle seule est l’ego {adu-v-ē y-ahaṅkāram}. De là où l’ego surgit {apparait,
émerge}, de là seulement le souffle s’élève
aussi [jaillit, émerge ou commence]. Par
conséquent, lorsque le mental cesse [s’affaisse ou disparaît], le prāṇa aussi [cesse], [et] lorsque le prāṇa
cesse, le mental aussi cesse. Le prāṇa est appelé [ou est dit
être] la forme grossière {sthūla rūpam} du mental. Jusqu’au moment de la mort, le mental garde le prāṇa
dans le corps, et au moment où le corps meurt, le saisissant il s’en va [c’est-à-dire
saisissant, dérobant ou prenant de force le prāṇa, le mental s’en va {disparaît}]. Par
conséquent, le prāṇāyāma n’est qu’une aide pour restreindre le mental [ou
pour le faire (temporairement) cesser, s’apaiser ou disparaître], mais ne provoquera pas manōnāśa [l’annihilation du
mental {l’extinction,
la destruction}].
piraṇāyāmam
pōla-v-ē mūrtti-d-dhiyāṉam, mantira-japam, āhāra niyamam eṉbavaigaḷum maṉattai
aḍakkum sahāyaṅgaḷ-ē. mūrtti-d-dhiyāṉattālum, mantira-japattālum maṉam
ēkāggirattai y-aḍaigiṟadu. sadā-calittu-k koṇḍirukkum yāṉaiyiṉ tutikkaiyil oru
caṅgiliyai-k koḍuttāl a-v-yāṉai eppaḍi vēṟoṉḏṟaiyum paṯṟāmal adaiyē
paṯṟi-k-koṇḍu sellumō, appaḍiyē sadā-calittu-k koṇḍirukkum maṉamum, adaṉai ēdō
oru nāmam alladu rūpattil paṙakkiṉāl adaiyē paṯṟi-k-koṇḍirukkum. maṉam
aḷaviṟanda niṉaivugaḷ-āy virigiṉḏṟapaḍiyāl o-vv-oru niṉaivum adi-bala-v-īṉam-āha-p
pōgiṉḏṟadu. niṉaivugaḷ aḍaṅga v-aḍaṅga ēkāggira-t-taṉmai y-aḍaindu, adaṉāl
balattai y-aḍainda maṉattiṟku ātma-vicāram sulabham-āy siddhikkum.
ellā niyamaṅgaḷilum siṟanda mita sātvika āhāra niyamattāl maṉattiṉ satva guṇam
virutti-y-āhi, ātma-vicārattiṟku sahāyam
uṇḍāgiṟadu. (paragraph 9)
Tout comme le prāṇāyāma, ce qu’on appelle mūrti-dhyāna
[méditation sur une forme de Dieu], mantra-japa
[répétition d’un mot ou d’une phrase sacrée, consistant généralement en
un nom de Dieu ou le contenant] et āhāra-niyama
[restriction du régime alimentaire, en particulier la restriction
consistant à ne consommer que des aliments végétariens]
ne sont également que des aides qui restreignent le mental [mais n’entraîneront
pas son annihilation]. Tant par mūrti-dhyāna
que par mantra-japa, le mental gagne ēkāgratā [un état de
concentration parfaite {contemplation parfaite -
concentration mentale parfaite, nécessaire à la fixation de la pensée}]. Tout comme si l’on donne une chaîne dans la trompe d’un
éléphant, qui est toujours en mouvement [se balançant pour essayer d’attraper
quelque chose ou autre], cet éléphant continuera à la
saisir sans rien saisir d’autre, exactement de la même manière, le mental, qui
est toujours en mouvement [errant en pensant à quelque chose ou autre], si on l’habitue [à s’accrocher] à un nom ou à une forme, continuera à le saisir
exclusivement [sans penser inutilement à autre chose]. En raison de la façon dont le mental se propage en d’innombrables
pensées [dispersant ainsi son énergie], chaque
pensée devient extrêmement faible. Lorsque les pensées diminuent et
diminuent, pour le mental qui a atteint ēkāgra-taṉmai [uni-dirigé,
focalisé {attentif, concentré}], a ainsi gagné en force, ātma-vicāra [investigation de soi]
sera facilement accompli. Par mita sāttvika āhāra-niyama [la
restriction de ne consommer que de la nourriture favorable à sattva en quantité
modérée], qui est la meilleure parmi toutes les
restrictions, sattva-guṇa [la qualité d’‘être’, de calme et de
clarté] du mental se développera, car cela favorisera [ainsi] la pratique de l’investigation
de soi.
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