21. Est-il nécessaire, pour celui qui aspire à la libération, de chercher à connaître la nature des catégories (tattvas) ?
kuppaiyai-k
kūṭṭi-t taḷḷa-vēṇḍiya oruvaṉ adai y-ārāyvadāl eppaḍi-p payaṉ-illai-y-ō
appaḍi-y-ē taṉṉai y-aṟiya-vēṇḍiya oruvaṉ taṉṉai maṟaittu-koṇḍirukkum
tattuvaṅgaḷ aṉaittaiyum sērttu-t taḷḷi-viḍāmal avai ittaṉai-y-eṉḏṟu
kaṇakkiḍuvadāl-um, avaṯṟiṉ guṇaṅgaḷai ārāyvadāl-um payaṉ-illai. pirapañcattai
oru soppaṉattai-p-pōl eṇṇi-k-koḷḷa vēṇḍum. (paragraph 17)
Tout comme celui qui a besoin de ramasser [ou de balayer] et de jeter des ordures [ne tirerait] aucun avantage en examinant [investiguant ou analysant], de même celui qui a besoin de se connaître [ne tirerait] aucun avantage à, au lieu de rejeter collectivement tous
les tattvas {réalité, vérité ;
essence, principe essentiel ; élément ou substance primaire ; on en compte 24
ou 25} qui se cachent en lui-même, calculer qu’ils
sont si nombreux et examiner leurs qualités. Il est nécessaire de considérer le
monde [que l’on croit être une expansion ou une manifestation de tels
tattvas] comme un rêve.
22.
Y a-t-il une différence entre l’état de veille et de rêve ?
jāgram
dīrgham, soppaṉam kṣaṇikam eṉbadu tavira vēṟu bhēdam-illai. jāgrattil naḍakkum
vivahāraṅgaḷ ellām e-vv-aḷavu uṇmai-y-āha-t tōṉḏṟugiṉḏṟaṉa-v-ō a-vv-aḷavu
uṇmai-y-āha-v-ē soppaṉattil naḍakkum vivahāraṅgaḷ-um a-k-kālattil
tōṉḏṟugiṉḏṟaṉa. soppaṉattil maṉam vēṟoru dēhattai y-eḍuttu-k-koḷḷugiṟadu. jāgram
soppaṉam iraṇḍil-um niṉaivugaḷ-um nāma-rūpaṅgaḷ-um ēka-kālattil nihaṙgiṉḏṟaṉa. (paragraph 18)
Outre le fait de dire que l’état de veille est dīrgha
[de longue durée] et que l’état de rêve est kṣaṇika
[momentané ou ne durant qu’un court instant],
il n’y a pas d’autre différence [entre eux]. Dans
la mesure où tous les vyavahāras [activités, affaires,
transactions ou événements] qui se produisent à l’état
de veille semblent être réels, dans cette mesure même les vyavahāras qui
se produisent dans l’état de
rêve semblent à ce moment-là être réels. Dans le rêve, le
mental prend un autre corps [pour être lui-même]. Dans l’état de rêve comme dans l’état de veille, les
pensées et les noms et formes [les phénomènes qui constituent le monde
apparemment extérieur] se produisent en une seule
fois [ou simultanément].
23.
Est-il utile de lire des livres pour ceux qui aspirent à la libération ?
ennūlilum
mukti y-aḍaivadaṟku maṉattai y-aḍakka vēṇḍum-eṉḏṟu solla-p-paṭ ṭuḷḷapaḍiyāl,
maṉōnigrahamē nūlgaḷiṉ muḍivāṉa karuttu eṉ ḏṟaṟindu-goṇḍa piṉbu nūlgaḷai
y-aḷaviṉḏṟi-p paḍi-p-padāl payaṉ-illai. maṉattai y-aḍakkuvadaṟku-t taṉṉai yār
eṉḏṟu vicārikka vēṇḍum-ē y-allāmal eppaḍi nūlgaḷil vicārippadu? taṉṉai-t
taṉṉuḍaiya ñāṉa-k-kaṇṇāl-tāṉ-ē y-aṟiya vēṇḍum. ‘tāṉ’ pañca kōśaṅgaḷukkuḷ
ḷ-iruppadu; nūlgaḷ-ō avaṯṟiṟku veḷiyil iruppavai. āhaiyāl, pañca
kōśaṅgaḷai-y-um nīkki vicārikka vēṇḍiya taṉṉai nūlgaḷil vicārippadu vīṇē. kaṯṟavai
y-aṉaittaiyum oru-kālattil maṟakka vēṇḍi-varum. (paragraph 16)
Puisque dans chaque texte [de l’advaita
vēdānta] il est dit que pour atteindre mukti [libération] il est nécessaire de faire cesser {de détruire} le mental,
après avoir appris que manōnigraha [retenue, subjugation ou destruction
du mental] constitue à elle seule l’intention [le
but ou l’objectif] ultime de [ces] textes, il n’y a aucun bénéfice [à gagner] en étudiant des textes sans limite. Pour faire cesser {pour détruire} le
mental, il est nécessaire de faire une investigation de soi-même [pour voir]
qui [on est réellement], [mais] au lieu de [faire cela],
comment [peut-on se voir soi-même en] faisant
une investigation {recherchant, investiguant} dans les textes ? Il est nécessaire de se connaître
soi-même uniquement par son propre œil de jñāna [pure conscience]. ‘Soi-même’ se trouve à l’intérieur des pañca-kōśas
[les ‘cinq enveloppes’ qui semblent recouvrir et obscurcir ce que l’on
est réellement, à savoir le corps physique, la vie, le mental, l’intellect et
la volonté] ; tandis que les textes sont en dehors d’eux.
Par conséquent, faire l’investigation dans les
textes [afin de se connaître] soi-même, pour
lequel il est nécessaire de faire une investigation [en tournant son attention vers l’intérieur et
ainsi] en mettant de côté [en excluant, en
retirant, en abandonnant ou en se séparant de] tous
les pañca-kōśas, est inutile. A un moment donné, il sera nécessaire d’oublier
tout ce que l’on a appris.
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