jeudi 16 octobre 2025

Qui suis-je ? Version questions-réponses - question 24

 


24. Qu’est-ce que le bonheur ?

sukham-eṉbadu ātmāviṉ sorūpamē; sukhamum ātma-sorūpamum vēṟaṉḏṟu. ātma-sukham oṉḏṟē y-uḷḷadu; aduvē satyam. pirapañca-p-poruḷ oṉḏṟil-āvadu sukham-eṉbadu kiḍaiyādu. avaigaḷilirundu sukham kiḍaippadāha nām namadu avivēkattāl niṉaikkiṉḏṟōm. maṉam veḷiyil varum-pōdu duḥkhattai y-aṉubhavikkiṟadu. uṇmaiyil namadu eṇṇaṅgaḷ pūrtti-y-āhum-pōdellām adu taṉṉuḍaiya yathāsthāṉattiṟku-t tirumbi ātma-sukhattaiyē y-aṉubhavikkiṟadu. appaḍiyē tūkkam, samādhi, mūrccai kālaṅgaḷilum, icchitta poruḷ kiḍaikkiṟa-bōdum, veṟutta poruḷukku kēḍuṇḍāhum-bōdum, maṉam antarmukham-āhi ātma-sukhattaiyē y-aṉubhavikkiṟadu. ippaḍi maṉam ātmāvai viṭṭu veḷiyē pōvadum, uḷḷē tirumbuvadum-āha ōyviṉḏṟi y-alaikiṟadu. marattaḍiyil niṙal sukham-āy irukkiṟadu. veḷiyil sūriya-veppam koḍumai-y-āy irukkiṟadu. veḷiyil alaiyum oruvaṉ niṙaliṯ ceṉḏṟu kuḷircci y-aḍaikiṟāṉ. siṟidu nērattiṟku-p piṉ veḷi-k-kiḷambi veppattiṉ koḍumaik kāṯṟādu, maṟupaḍiyum marattaḍikku varugiṉḏṟāṉ. ivvāṟu niṙaliṉiṉḏṟu veyiliṯ pōvadum, veyiliṉiṉḏṟu niṙaliṯ celvadum-āy-irukkiṟāṉ. ippaḍi-c ceygiṟavaṉ avivēki. āṉāl vivēkiyō niṙalai-viṭṭu nīṅgāṉ. appaḍiyē ñāṉiyiṉ maṉamum birammattai viṭṭu nīṅguvadillai. āṉāl aññāṉiyiṉ maṉamō pirapañcattil uṙaṉḏṟu duḥkha-p-paḍuvadum, siṟidu nēram birammattiṟku-t tirumbi sukham aḍaivadum-āy irukkiṟadu. jagam eṉbadu niṉaivē. jagam maṟaiyum-bōdu adāvadu niṉaivaṯṟa-bōdu maṉam āṉandattai y-aṉubhavikkiṉḏṟadu; jagam tōṉḏṟum-pōdu adu duḥkhattai y-aṉubhavikkiṉḏṟadu. (paragraph 14)

Ce qu’on appelle sukha [bonheur, satisfaction, joie, aisance, confort ou agrément] n’est que svarūpa [la ‘forme propre’ ou nature réelle] d’ātmā [soi-même] ; sukha et ātma-svarūpa [notre propre nature réelle] ne sont pas différents. Ātma-sukha [le bonheur qui est soi-même] seul existe ; lui seul est réel. Ce que l’on appelle sukha [bonheur ou satisfaction] ne se trouve pas [obtenu ou disponible] dans même un seul des objets du monde. Nous pensons {croyons} que le bonheur est obtenu grâce à eux en raison de notre avivēka [manque de jugement, de discrimination ou de capacité à distinguer une chose d’une autre]. Lorsque le mental sort [d’ātma-svarūpa], il fait l’expérience de duḥkha [insatisfaction, inconfort, malaise, désagrément, malheur, détresse, souffrance, chagrin, tristesse, douleur ou affliction]. En vérité, chaque fois que nos pensées [souhaits ou espoirs] se réalisent {sont exaucées, sont satisfaites}, il [le mental] retournant à sa propre place [le cœur, notre vraie nature, qui est la source d’où il est sorti] n’éprouve {ne fait l’expérience, ne ressent} qu’ātma-sukha [le bonheur qui est soi-même]. De même, lors des périodes de sommeil, de samādhi [état de manōlaya ou de dissolution temporaire du mental provoqué par le prāṇāyāma ou d’autres pratiques de yōga de ce type] et d’évanouissement, et lorsque quelque chose d’agréable est obtenu, et lorsque la destruction [dommage, élimination ou suppression] se produit {survient} sur quelque chose d’indésirable, le mental devenant antarmukham [tourné vers l’intérieur] fait l’expérience uniquement d’ātma-sukha. De cette façon, le mental vagabonde sans cesse, allant à l’extérieur, abandonnant soi-même, et retournant [à nouveau] à l’intérieur. Au pied d’un arbre, l’ombre est agréable [confortable ou délicieuse]. À l’extérieur, la chaleur du soleil est intense [ou rigoureuse]. Une personne qui se promène à l’extérieur est rafraîchie [littéralement, obtient la fraîcheur ou le refroidissement] [en] allant à l’ombre. Après un court moment à émerger à l’extérieur, [mais] ne pouvant résister [ou supporter] la rigueur {sévérité, dureté} de la chaleur, il revient au pied de l’arbre. Il demeure ainsi, allant de l’ombre au soleil, et retournant du soleil à l’ombre. Une personne qui agit ainsi est un avivēki [quelqu’un qui manque de jugement, de discrimination ou de capacité à distinguer]. Mais un vivēki [quelqu’un qui peut juger, discriminer ou distinguer] ne quittera pas l’ombre. De même, le mental du jñāni [celui qui est conscient de sa nature réelle] ne quittera pas brahman [ce qui seul existe, à savoir la conscience pure, qui est bonheur infini et sa propre nature réelle]. Mais le mental de l’ajñāni [celui qui n’est pas conscient de sa nature réelle] continue à faire l’expérience de duḥkha [insatisfaction ou souffrance] [en] errant dans le monde, et obtenant pour un court moment sukha [satisfaction ou bonheur] [en] retournant à brahman. Ce qu'on appelle le monde est seulement pensée [car comme tout autre monde que nous expérimentons {vivons, percevons} dans un rêve, ce que nous expérimentons {vivons, percevons} comme le monde dans cet état de veille n’est rien d’autre qu’une série de perceptions, qui ne sont que des pensées ou des phénomènes mentaux]. Lorsque le monde disparaît, c’est-à-dire lorsque la pensée cesse, le mental fait l’expérience du bonheur ; lorsque le monde apparaît, il fait l’expérience de duḥkha [insatisfaction ou souffrance].

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