24. Qu’est-ce que le bonheur ?
sukham-eṉbadu
ātmāviṉ sorūpamē; sukhamum ātma-sorūpamum vēṟaṉḏṟu. ātma-sukham oṉḏṟē y-uḷḷadu;
aduvē satyam. pirapañca-p-poruḷ oṉḏṟil-āvadu sukham-eṉbadu kiḍaiyādu. avaigaḷilirundu
sukham kiḍaippadāha nām namadu avivēkattāl niṉaikkiṉḏṟōm. maṉam veḷiyil
varum-pōdu duḥkhattai y-aṉubhavikkiṟadu. uṇmaiyil namadu eṇṇaṅgaḷ
pūrtti-y-āhum-pōdellām adu taṉṉuḍaiya yathāsthāṉattiṟku-t tirumbi ātma-sukhattaiyē
y-aṉubhavikkiṟadu. appaḍiyē tūkkam, samādhi, mūrccai kālaṅgaḷilum, icchitta
poruḷ kiḍaikkiṟa-bōdum, veṟutta poruḷukku kēḍuṇḍāhum-bōdum, maṉam
antarmukham-āhi ātma-sukhattaiyē y-aṉubhavikkiṟadu. ippaḍi maṉam ātmāvai viṭṭu
veḷiyē pōvadum, uḷḷē tirumbuvadum-āha ōyviṉḏṟi y-alaikiṟadu. marattaḍiyil niṙal
sukham-āy irukkiṟadu. veḷiyil sūriya-veppam koḍumai-y-āy irukkiṟadu. veḷiyil
alaiyum oruvaṉ niṙaliṯ ceṉḏṟu kuḷircci y-aḍaikiṟāṉ. siṟidu nērattiṟku-p piṉ
veḷi-k-kiḷambi veppattiṉ koḍumaik kāṯṟādu, maṟupaḍiyum marattaḍikku varugiṉḏṟāṉ.
ivvāṟu niṙaliṉiṉḏṟu veyiliṯ pōvadum, veyiliṉiṉḏṟu niṙaliṯ celvadum-āy-irukkiṟāṉ.
ippaḍi-c ceygiṟavaṉ avivēki. āṉāl vivēkiyō niṙalai-viṭṭu nīṅgāṉ. appaḍiyē
ñāṉiyiṉ maṉamum birammattai viṭṭu nīṅguvadillai. āṉāl aññāṉiyiṉ maṉamō
pirapañcattil uṙaṉḏṟu duḥkha-p-paḍuvadum, siṟidu nēram birammattiṟku-t tirumbi
sukham aḍaivadum-āy irukkiṟadu. jagam eṉbadu niṉaivē. jagam maṟaiyum-bōdu
adāvadu niṉaivaṯṟa-bōdu maṉam āṉandattai y-aṉubhavikkiṉḏṟadu; jagam
tōṉḏṟum-pōdu adu duḥkhattai y-aṉubhavikkiṉḏṟadu. (paragraph 14)
Ce qu’on appelle sukha [bonheur,
satisfaction, joie, aisance, confort ou agrément] n’est
que svarūpa [la ‘forme propre’ ou nature réelle] d’ātmā [soi-même] ; sukha
et ātma-svarūpa [notre propre nature réelle] ne sont pas différents. Ātma-sukha [le
bonheur qui est soi-même] seul existe ; lui seul est
réel. Ce que l’on appelle sukha [bonheur ou satisfaction] ne se trouve pas [obtenu ou disponible] dans même un seul des objets du monde. Nous pensons
{croyons} que le bonheur est
obtenu grâce à eux en raison de notre avivēka [manque de
jugement, de discrimination ou de capacité à distinguer une chose d’une autre]. Lorsque le mental sort [d’ātma-svarūpa], il fait l’expérience de duḥkha [insatisfaction,
inconfort, malaise, désagrément, malheur, détresse, souffrance, chagrin,
tristesse, douleur ou affliction]. En vérité, chaque
fois que nos pensées [souhaits ou espoirs] se
réalisent {sont exaucées, sont satisfaites}, il [le mental] retournant
à sa propre place [le cœur, notre vraie nature, qui est la source d’où
il est sorti] n’éprouve {ne fait l’expérience, ne ressent} qu’ātma-sukha [le bonheur qui est
soi-même]. De même, lors des périodes de sommeil, de samādhi
[état de manōlaya ou de dissolution temporaire du mental provoqué
par le prāṇāyāma ou d’autres pratiques de yōga de ce type] et d’évanouissement, et lorsque quelque chose d’agréable
est obtenu, et lorsque la destruction [dommage, élimination ou
suppression] se produit {survient}
sur quelque chose d’indésirable, le mental devenant antarmukham [tourné vers l’intérieur] fait l’expérience uniquement d’ātma-sukha. De
cette façon, le mental vagabonde sans cesse, allant à l’extérieur, abandonnant
soi-même, et retournant [à nouveau] à l’intérieur.
Au pied d’un arbre, l’ombre est agréable [confortable ou délicieuse]. À l’extérieur, la chaleur du soleil est intense [ou
rigoureuse]. Une personne qui se promène à l’extérieur
est rafraîchie [littéralement, obtient la fraîcheur ou le
refroidissement] [en]
allant à l’ombre. Après un court moment à émerger à l’extérieur, [mais] ne pouvant résister [ou supporter] la rigueur {sévérité,
dureté} de la chaleur, il revient au pied de l’arbre.
Il demeure ainsi, allant de l’ombre au soleil, et retournant du soleil à l’ombre.
Une personne qui agit ainsi est un avivēki [quelqu’un qui manque
de jugement, de discrimination ou de capacité à distinguer]. Mais un vivēki [quelqu’un qui
peut juger, discriminer ou distinguer] ne quittera
pas l’ombre. De même, le mental du jñāni
[celui qui est conscient de sa nature réelle] ne
quittera pas brahman [ce qui seul existe, à savoir la conscience pure,
qui est bonheur infini et sa propre nature réelle]. Mais
le mental de l’ajñāni [celui qui n’est pas conscient de sa
nature réelle] continue à faire l’expérience de duḥkha
[insatisfaction ou souffrance] [en] errant dans le monde, et obtenant pour un court moment sukha
[satisfaction ou bonheur] [en] retournant à brahman. Ce qu'on appelle le
monde est seulement pensée [car comme tout autre monde que nous
expérimentons {vivons, percevons} dans un
rêve, ce que nous expérimentons {vivons, percevons}
comme le monde dans cet état de veille n’est rien d’autre qu’une série de
perceptions, qui ne sont que des pensées ou des phénomènes mentaux]. Lorsque le monde
disparaît, c’est-à-dire lorsque la pensée cesse, le mental fait l’expérience du
bonheur ; lorsque le monde apparaît, il fait l’expérience de duḥkha [insatisfaction
ou souffrance].
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