jeudi 16 octobre 2025

Qui suis-je ? Version questions-réponses - questions 13 à 15

 


13. Les impressions résiduelles (pensées) des objets semblent interminables comme les vagues d’un océan. Quand seront-elles toutes détruites ?

toṉḏṟutoṭṭu varugiṉḏṟa viṣaya-vāsaṉaigaḷ aḷavaṯṟaṉavāy-k kaḍal-alaigaḷ pōl tōṉḏṟiṉum avai-yāvum sorūpa-dhyāṉam kiḷamba-k kiḷamba aṙindu-viḍum.

Même si les viṣaya-vāsanās [inclinations à faire l’expérience d’autres choses que soi-même], qui viennent de temps immémoriaux, s’élèvent [en tant que pensées ou phénomènes] en nombre incalculable comme les vagues de l’océan, elles seront toutes détruites lorsque svarūpa-dhyāna [l’attention à soi, la contemplation de notre ‘propre forme’ ou vraie nature] augmente et augmente [en profondeur et en intensité].

14. Est-il possible que les impressions résiduelles d’objets qui viennent de temps immémoriaux, pour ainsi dire, soient détruites et que l’on demeure le pur soi ?

toṉḏṟutoṭṭu varugiṉḏṟa viṣaya-vāsaṉaigaḷ aḷavaṯṟaṉavāy-k kaḍal-alaigaḷ pōl tōṉḏṟiṉum avai-yāvum sorūpa-dhyāṉam kiḷamba-k kiḷamba aṙindu-viḍum. attaṉai vāsaṉaigaḷum oḍuṅgi, sorūpa-māttiram-āy irukka muḍiyumā v-eṉṉum sandēha niṉaivukkum iḍam koḍāmal, sorūpa-dhyāṉattai viḍā-p-piḍiyāy-p piḍikka vēṇḍum. oruvaṉ evvaḷavu pāpiyāy irundālum, ‘nāṉ pāpiyāy irukkiṟēṉē; eppaḍi-k kaḍaittēṟa-p pōgiṟēṉ’ eṉḏṟēṅgi y-aṙudu-koṇḍirāmal, tāṉ pāpi eṉṉum eṇṇattaiyum aṟavē y-oṙittu sorūpa-dhyāṉattil ūkkam uḷḷavaṉāha v-irundāl avaṉ niścayamāy uru-p-paḍuvāṉ. (paragraph 10)

Sans même laisser place à la pensée qui doute {sandēha niṉaivu} : ‘Tant de vāsanās à détruire [ou à dissoudre], est-il possible d’être {de demeurer} seulement en tant que svarūpa [ma propre forme ou vraie nature] ?’, il est nécessaire de s’accrocher avec ténacité à l’attention à soi. Aussi grand pécheur que l’on puisse être {Peu importe l’ampleur de nos péchés ou par implication, peu importe à quel point notre mental peut être impur}, si au lieu de se lamenter et de pleurer ‘Je suis un pécheur ! Comment vais-je être sauvé ?’, on rejette complètement l’idée qu’on est pécheur et qu’on est fervent {déterminé} [ou ferme] dans l’attention à soi {svarūpa-dhyāna}, on sera certainement réformé [transformé de s'élever en tant qu'ego à celui de svarūpa {transformé en ce qu’on est réellement, uruppaḍuvāṉ = nous serons transformés en notre propre véritable et éternelle forme, qui est libre de la pensée, infinie, transcendant tout, absolue et parfaitement claire conscience de soi.}.

nalla maṉam eṉḏṟum keṭṭa maṉam eṉḏṟum iraṇḍu maṉaṅgaḷ illai. maṉam oṉḏṟē. vāsaṉaigaḷē śubham eṉḏṟum aśubham eṉḏṟum iraṇḍu vidam. maṉam śubha-vāsaṉai vayattāy niṟgum-bōdu nalla maṉam eṉḏṟum, aśubha-vāsaṉai vayattāy niṟgum-bōdu keṭṭa maṉam eṉḏṟum solla-p-paḍum. (paragraph 19)

Il n’y a pas deux mentals, à savoir un bon mental {parfait, excellent} et un mauvais mental {corrompu, ruiné}. Le mental est seulement un {oṉḏṟē}. Seules les vāsanās [inclinaisons ou propensions] sont de deux sortes, à savoir śubha [agréable, vertueux ou bon] et aśubha [désagréable, méchant, nuisible ou mauvais]. Lorsque le mental est sous l’emprise des śubha vāsanās, on dit que c’est un bon mental, et lorsqu’il est sous l’emprise des aśubha vāsanās un mauvais mental.

piṟar e-vv-aḷavu keṭṭavargaḷāy-t tōṉḏṟiṉum avargaḷai veṟuttal āhādu. viruppu-veṟuppugaḷ iraṇḍum veṟukka-t takkaṉa. pirapañca viṣayaṅgaḷil adhikam-āy maṉattai viḍa-k kūḍādu. sāddhiyamāṉa-varaiyil, aṉṉiyar kāriyattil piravēśikka-k kūḍādu. piṟarukku oruvaṉ koḍuppadu ellām taṉakkē koḍuttu-k-koḷḷugiṟāṉ. i-vv-uṇmaiyai y-aṟindāl evaṉ-dāṉ koḍādu oṙivāṉ? (paragraph 19)

Aussi mauvais que les autres puissent paraître, ne pas les aimer n’est pas correct {convenable} [ou approprié]. Les goûts et les aversions {attirances et répulsions = viruppu-veṟuppu} sont tous deux aptes {appropriés} [pour soi] à être détestés [rejetés ou renoncés]. Il n’est pas approprié de laisser son mental [s’attarder {se poser, demeurer}] excessivement sur les affaires du monde. Dans la mesure du possible, il n’est pas approprié de s’immiscer dans les affaires des autres {dans la vie des autres}. Tout {ellām} ce que l’on donne aux autres, on ne le donne qu’à soi-même. Si l’on connaissait cette vérité {uṇmaiyaṟivu = connaissance de la vérité, connaissance véritable}, qui en effet resterait sans donner ?

maṉattai y-aḍakki-k-koṇḍirundāl, eṅgē y-irundālum irukkalām. (paragraph 20)

Si l’on [continuellement {constamment, en permanence}] restreint [réduit, soumet] le mental, où que l’on soit, on peut être [ou laisser être {ou être simplement}].

15. Pendant combien de temps l’investigation doit-elle être pratiquée ?

maṉattiṉgaṇ edu-varaiyil viṣaya-vāsaṉaigaḷ irukkiṉḏṟaṉavō, adu-varaiyil nāṉ-ār eṉṉum vicāraṇai-y-um vēṇḍum. niṉaivugaḷ tōṉḏṟa-t tōṉḏṟa appōdaikkappōdē avaigaḷai-y-ellām uṯpatti-sthāṉattilēyē vicāraṇaiyāl naśippikka vēṇḍum. oruvaṉ tāṉ sorūpattai y-aḍaiyum varaiyil nirantara sorūpa-smaraṇaiyai-k kai-p-paṯṟuvāṉ-āyiṉ adu-v-oṉḏṟē pōdum. kōṭṭaikkuḷ edirigaḷ uḷḷa-varaiyil adilirundu veḷiyē vandu-koṇḍē y-iruppārgaḷ. vara vara avargaḷai-y-ellām veṭṭi-k-koṇḍē y-irundāl kōṭṭai kaivaśa-p-paḍum. (paragraph 11)

Aussi longtemps que les viṣaya-vāsanās {tendances ou désirs de faire l’expérience de choses autres que soi-même} existent dans le mental, aussi longtemps l’investigation {vicāraṇai} qui suis-je {nāṉ-ār} est nécessaire. Au fur et à mesure que les pensées apparaissent, à ce moment-là {immédiatement, à ce moment précis, sur le champ, alors et là}, il est nécessaire de les annihiler toutes par vicāraṇā [investigation ou intense attention à soi] à l’endroit même d’où elles surgissent {dont elles sont issues, naissent, apparaissent}. Si l’on s’accroche fermement {avec conviction, vigoureusement} à svarūpa-smaraṇa [souvenir de soi] sans interruption jusqu’à ce que l’on obtienne svarūpa [notre propre nature réelle, c’est-à-dire nous-mêmes tels que nous sommes en réalité], cela seul est suffisant. Tant que les ennemis [à savoir les viṣaya-vāsanās] sont à l’intérieur de la forteresse [c’est-à-dire son propre cœur {à savoir le mental, ou plus précisément la volonté}], ils en sortiront continuellement. Si on les réduit [ou les détruit] continuellement au fur et à mesure qu’ils arrivent, la forteresse sera [finalement] capturée.

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