mardi 14 octobre 2025

Qui suis-je ? Version questions-réponses - questions 8 à 10


 8. Quelle est la nature du mental ?

maṉam eṉbadu ātma-sorūpattil uḷḷa ōr atiśaya śakti. adu sakala niṉaivugaḷaiyum tōṯṟuvikkiṉḏṟadu. niṉaivugaḷai y-ellām nīkki-p pārkkiṉḏṟa-pōdu, taṉi-y-āy maṉam eṉḏṟu ōr poruḷ illai; āhaiyāl niṉaivē maṉadiṉ sorūpam. niṉaivugaḷai-t tavirttu jagam eṉḏṟu ōr poruḷ aṉṉiyam-āy illai. tūkkattil niṉaivugaḷ illai, jagamum illai; jāgra-soppaṉaṅgaḷil niṉaivugaḷ uḷa, jagamum uṇḍu. silandi-p-pūcci eppaḍi-t taṉ-ṉ-iḍam-irundu veḷiyil nūlai nūṯṟu maṟupaḍiyum taṉṉuḷ iṙuttu-k-koḷḷugiṟadō, appaḍiyē maṉamum taṉ-ṉ-iḍattil-irundu jagattai-t tōṯṟuvittu maṟupaḍiyum taṉṉiḍamē oḍukki-k-koḷḷugiṟadu. maṉam ātma-sorūpattiṉiṉḏṟu veḷippaḍum-pōdu jagam tōṉḏṟum. āhaiyāl, jagam tōṉḏṟum-pōdu sorūpam tōṉḏṟādu; sorūpam tōṉḏṟum (pirakāśikkum) pōdu jagam tōṉḏṟādu. maṉadiṉ sorūpattai vicārittu-k-koṇḍē pōṉāl tāṉ-ē maṉam-āy muḍiyum. ‘tāṉ’ eṉbadu ātma-sorūpam-ē. maṉam eppōdum oru sthūlattai y-aṉusarittē niṟkum; taṉi-y-āy nillādu. maṉam-ē sūkṣma śarīram eṉḏṟum jīvaṉ eṉḏṟum sollappaḍugiṟadu. (paragraph 4)

Ce qu’on appelle le mental est un atiśaya śakti [un pouvoir extraordinaire] qui existe dans ātma-svarūpa [la ‘forme propre’ ou la nature réelle de soi-même]. Il fait apparaître toutes les pensées [ou projette toutes les pensées]. Lorsqu’on regarde, en excluant [en enlevant ou en mettant de côté] toutes les pensées, solitairement, il n’y a pas de chose telle que le mental {manas, mind} ; donc la pensée seule est le svarūpa [la ‘forme propre’ ou la nature même] du mental. Si l’on exclut les pensées [ou les idées {phénomènes mentaux de quelque nature que ce soit}], il n’y a pas {il n’existe pas} séparément de chose telle que le monde. Dans le sommeil, il n’y a pas de pensées, et [par conséquent] il n’y a pas non plus de monde ; dans l’état de veille et le rêve, il y a des pensées, et [par conséquent] il y a aussi un monde. De même qu’une araignée tisse un fil à partir d’elle-même et le ramène à nouveau en elle-même, de même le mental fait apparaître le monde [ou projette le monde] à partir de lui-même et le dissout à nouveau en lui-même. Lorsque le mental sort d’ātma-svarūpa {notre ‘propre forme’ ou la nature réelle de soi-même}, le monde apparaît. Par conséquent, lorsque le monde apparaît, svarūpa [notre propre forme ou nature réelle] n’apparaît pas ; lorsque svarūpa apparaît (brille), le monde n’apparaît pas. Si l’on continue à faire l’investigation {vicārittu} sur la nature du mental, seulement {uniquement} soi-même {tāṉ-ē} finira par être le mental {maṉam-āy muḍiyum} [c’est-à-dire que seulement {uniquement} soi-même se révélera finalement être ce qui semblait auparavant être le mental]. {si l’on continue ainsi à examiner attentivement {investiguer} la nature du mental, le mental finira en tant que soi [manam tāṉāha muḍiyum]}. Ce qui est [ici] appelé ‘tāṉ’ [soi-même] est seulement ātma-svarūpa {notre ‘propre forme’ ou la nature réelle de soi-même}. Le mental apparait {se dresse, se tient} uniquement en allant toujours après [en suivant, en se conformant, en s’attachant, en s’occupant ou en cherchant] un sthūlam [quelque chose de grossier, à savoir un corps physique] ; solitairement, il ne se maintient pas {ne subsiste pas}. Seul {uniquement} le mental {maṉam-ē} est décrit comme sūkṣma śarīra [le corps subtil] et comme jīva [l’âme].

9. Quelle est la voie de l’investigation pour comprendre la nature du mental ?

inda-t dēhattil nāṉ eṉḏṟu kiḷambuvadu edu-v-ō aḵdē maṉam-ām. nāṉ-eṉgiṟa niṉaivu dēhattil mudalil enda-v-iḍattil tōṉḏṟugiṉḏṟadu eṉḏṟu vicārittāl, hrudayattil eṉḏṟu teriya varum. adu-v-ē maṉadiṉ piṟappiḍam. nāṉ, nāṉ eṉḏṟu karudi-k-koṇḍirundāluṅ-gūḍa a-vv-iḍattil koṇḍu-pōy viṭṭu-viḍum. maṉadil tōṉḏṟum niṉaivugaḷ ellāvaṯṟiṟkum nāṉ-eṉṉum niṉaivē mudal niṉaivu. idu eṙunda piṟahē ēṉaiya niṉaivugaḷ eṙugiṉḏṟaṉa. taṉmai tōṉḏṟiya piṟahē muṉṉilai paḍarkkaigaḷ tōṉḏṟugiṉḏṟaṉa; taṉmai y-iṉḏṟi muṉṉilai paḍarkkaigaḷ irā. (paragraph 5)

Tout ce qui s’élève {survient, apparait} dans ce corps en tant que ‘je’, c’est uniquement le mental. Si l’on fait l’investigation {si l’on cherche, examine = vicārittāl} à quel endroit la pensée appelée ‘je’ apparaît pour la première fois dans le corps, on découvrira que c’est dans le cœur [le centre le plus profond de soi-même]. Cela seul {adu-v-ē} est le lieu de naissance {source = piṟappiḍam} du mental. Même si l’on continue à penser ‘je’, ‘je’ {nāṉ, nāṉ}, cela va [nous] amener {conduire} et nous laisser à cet endroit. Parmi toutes les pensées qui apparaissent [ou surgissent] dans le mental, seule la pensée appelée ‘je’ est la première pensée [la pensée primitive, fondamentale, originelle ou causale]. Ce n’est qu’après que celle-ci surgit que d’autres pensées surgissent. Ce n’est qu’après que la première personne {taṉmai} [l’ego, la pensée primitive appelée ‘je’] apparaît que la deuxième {muṉṉilai} et la troisième personne {paḍarkkai} [à savoir toutes les autres choses {‘toi, il’, etc.}] apparaissent ; sans la première personne, la deuxième et la troisième personnes n’existent pas.

10. Comment le mental devient-il calme {tranquille, silencieux} ?

nāṉ-ār eṉṉum vicāraṇaiyiṉāl-ē-y-ē maṉam aḍaṅgum; nāṉ-ār eṉṉum niṉaivu maṯṟa niṉaivugaḷai y-ellām aṙittu-p piṇañ-cuḍu taḍi-pōl muḍivil tāṉ-um aṙiyum. (paragraph 6)

Ce n’est que par l’investigation {vicāraṇai} qui suis-je {nāṉ-ār} que le mental cessera [s’apaisera ou disparaîtra pour toujours] ; la pensée qui suis-je {nāṉ-ār} [c’est-à-dire l’attention avec laquelle on fait l’investigation de ce que l’on est], détruisant toutes les autres pensées, sera elle-même finalement détruite comme un bâton brûlant de cadavre [un bâton qui est utilisé pour remuer un bûcher funéraire pour s’assurer que le cadavre est complètement brûlé].

Alors, la réalisation de soi se produira. (qa)

Notes : à partir de “Les différents textes de ‘ Qui suis-je ? Mountain Path Mountain Path, Aradhana Issue, 1994”

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