dimanche 19 février 2023

L'importance primordiale de l'attention à soi - The Paramount Importance of Self-Attention - Partie 1 - Mountain Path - Avril - 2012 (1)


Mountain Path - Avril - 2012

 3 décembre 1977

Sādhu Om : Le guru agit par le biais de notre propre discrimination (vivēka).

La réflexion (manana) sur les enseignements du guru est en soi une pratique spirituelle (sādhana), car par notre réflexion et notre discrimination, l'emprise de nos vāsanas (inclinaisons ou propensions mentales) est affaiblie et notre mental est maintenu dans la quiétude - c'est-à-dire dans l'état tranquille de l'attention à soi.

4 décembre 1977

Sādhu Om : Les diverses théories enseignées par Bhagavan (concernant le karma, le prārabdha, l'abandon, Dieu, le guru et ainsi de suite) se contrediront souvent entre elles, mais ne contrediront jamais la nécessité de l'attention à soi. Toutes ces théories ne sont que des indices ou des aides qui nous aident à nous accrocher à l'attention à soi. Elles sont toutes adaptées à des humeurs différentes du mental.

L'attention à soi est la seule théorie étanche {sans faille, indiscutable}. Toutes les autres théories sont criblées de failles et de contradictions. Par conséquent, si au lieu de calmer le mental, elles font naître des doutes, mettez-les de côté en cherchant à savoir qui les pense.

L'attention à soi est le seul but de tous les enseignements de Bhagavan. Il nous a enseigné que seul le soi existe et est réel, et que tout le reste n'est qu'un rêve, une invention {création, fabrication} de notre imagination. Il a dit : "Occupez-vous de ce pour quoi vous êtes venus" ; nous sommes venus pour nous connaître et non pour apprendre de nombreuses théories. Cependant, une compréhension approfondie de ses enseignements et des théories qu'il a proposées nous permettra de calmer notre mental en toute situation.

Bhagavan nous a donné un enseignement simple : "Votre propre conscience de soi est la seule chose qui semble être permanente. C'est pourquoi il faut faire des recherches sur elle seule, l'écouter et s'y accrocher fermement." Bien que cet enseignement soit simple, il constitue le plus grand de tous les trésors. La grâce agit en nous rappelant constamment le soi. L'oublier (c'est-à-dire s'occuper d'autre chose) est un malheur ; se souvenir de soi est la paix ou la félicité.

La grâce agit en nous rappelant constamment à soi-même. L'oubli de soi (c'est-à-dire le fait de s'occuper d'autre chose) est une misère ; se souvenir de soi est la paix ou la félicité.

Chaque fois que des doutes, des questions ou de nouvelles idées surgissent, demandez-vous s'ils pourraient surgir dans votre sommeil. Il est évident qu'ils ne le pourraient pas, ils sont donc extérieurs à vous. Par conséquent, oubliez-les et restez comme vous étiez dans votre sommeil.

La connaissance seule permet de contrôler efficacement le mental. Déracinez toutes les perturbations en faisant preuve d'un sens aigu de la discrimination. N'essayez pas de vous fier à un contrôle forcé.

Krishna a dit qu'il s'occupera des besoins de ceux qui méditent toujours uniquement sur lui sans penser à autre chose (Bhagavad Gītā 9.22 ; Bhagavad Gītā Sāram verset 31). Qu'est-ce que cela signifie ? Il est notre vrai soi, et rien n'est autre que lui, donc il peut uniquement s'occuper de lui-même. Si, nous aussi, nous ne nous occupons que de nous-mêmes, sans penser à rien d'autre, où sont les "besoins" ? En dehors de nous-mêmes, rien n'est réel, donc nous devons nous occuper que de nous-mêmes.

Lorsque Ramasami Pillai a demandé à Bhagavan quelles pensées devaient être rejetées comme mauvaises et lesquelles devaient être acceptées comme bonnes, il a répondu : "Rejeter toutes les pensées, même la pensée de Bhagavan".

Ne pensez jamais que vous êtes un débutant dans les premières étapes de la sādhana. Agissez toujours comme si l'aube de la connaissance de soi pouvait arriver à tout moment.

Nous serons debout sur nos propres pieds seulement lorsque nous serons capables de rejeter toutes les perturbations - quoi qu'il arrive - par une discrimination aiguë. Alors, tous les livres, satsaṅg et autres aides extérieures seront inutiles.

Quelles que soient les perturbations qui surviennent, rappelez-vous qu'elles sont dues au fait que 'je suis'. Grâce à notre pratique quotidienne, la pensée 'je suis' nous ramènera immédiatement à l'attention à soi.

Il n'y a pas de voie directe vers notre objectif. En d'autres termes, une approche rigide ou formelle est impossible, car la recherche du soi est un art, et chaque situation doit être traitée de manière appropriée lorsqu'elle se présente. Bhagavan nous a donné une panoplie d'armes adaptées à chaque situation. Ainsi, lorsque le bouclier ne fonctionne pas, utilisez l'épée. Lorsque le mental est agité, une attitude d'abandon peut aider, mais lorsque le mental est calme, ne pensez pas : "Je devrais m'abandonner ; comment le faire ?" mais utilisez plutôt ce calme pour demeurer en tant que soi.

Il n'existe pas de "renoncement partiel". L'abandon est réel uniquement lorsqu'il est complet. Ce qu'on appelle "abandon partiel" n'est qu'une pratique visant à l'abandon complet, et cette pratique est la discrimination correcte dans toute situation donnée qui ramènera le mental à l'attention à soi.

5 décembre 1977

Sādhu Om : S'attarder sur le 'je suis', de quelque manière que ce soit, est une bonne contemplation (manana). C'est la pratique qui éliminera tout intérêt pour les autres choses (deuxième et troisième personnes) et qui rendra facile la recherche de soi {à demeurer dans le soi ; à demeurer en tant que soi}

Le bien et le mal sont basés sur le concept restrictif {limitatif} 'je suis le corps'. L'expérience du jñāni est simplement 'je suis'. Bien qu'il puisse sembler que le jñāni voit des différences, il ne fait jamais réellement l'expérience de distinctions telles que le bien ou le mal. Il se contente toujours de la connaissance 'je suis'. Je suis' est à la fois la voie et le but (comme Bhagavan nous l'enseigne dans le verset 579 du Guru Vācaka Kōvai).

Bhagavan est le plus grand siddha. Il sait très bien quel travail doit être fait sur nous et comment le faire. Bien que nous ne le sachions pas, il fait son travail en permanence.

Un comportement erratique ne se produit que si le disciple change profondément de perspective tout en conservant une certaine individualité. Bhagavan provoquera toujours le changement de perspective requis (l'expérience de la véritable connaissance de soi) en même temps que la perte d'individualité, de sorte qu'aucun changement extérieur ne sera observé chez ceux qu'il libère, et aucun 'je' ne surgira {s'élèvera} en eux pour dire "j'ai eu ce changement de perspective", et il ne dira rien (c'est-à-dire qu'il ne dira pas qu'ils ont été libérés).

Il avait l'habitude de donner l'exemple d'un fruit à la coque dure qu'un éléphant avale tout entier et l'excrète sans le briser, mais lorsqu'on ouvre la coque, on découvre que le contenu a été digéré. De même, lorsque Bhagavan consume l'ego de quelqu'un, celui-ci apparaît extérieurement inchangé. Personne ne peut dire combien d'egos Bhagavan a ainsi absorbés {consommé} 1.

1 Comparez le verset 89 de Śrī Aruṇācala Akṣaramaṇamālai : "Aruṇācala, qui, inconnu de tous, a enchanté et volé mon esprit ?".

Dans l'un de ses versets, Muruganar chantait à Bhagavan : "Tu m'as donné sahaja [mon état naturel] sans me laisser expérimenter nirvikalpa samādhi, fermer les yeux ou faire une quelconque sādhana". Tel est le rôle de guru de Bhagavan, mais si on lui demandait comment il s'y prend, il disait : 'Je ne sais pas ; je sais simplement que je suis'.

Il n'y a qu'une fine ligne entre jñāna et ajñāna. Au bon moment, un choc peut permettre de franchir la ligne et d'avoir ce petit changement de perspective.

Le 'je suis' n'est ni intérieur ni extérieur. Concentrez-vous {tournez-vous} sur le fait que 'je suis' est dépourvu de limitations.

Concentrez-vous sur le sentiment d'être. C'est le soi, et lui seul existe.

La théorie du karma est truffée de lacunes, d'ambiguïtés et de suppositions douteuses. Tout d'abord, elle présuppose que l'ego, qui n'existe jamais, existe en tant qu’auteur {celui qui fait, qui agit}, et par-dessus cette fausse hypothèse, elle empile une fausse hypothèse sur une autre : l'existence de Dieu, āgāmya, sañcita, prārabdha, leurs fonctions et ainsi de suite. Ne vous contentez pas de douter de la théorie ; doutez de votre existence en tant que qu’auteur {celui qui fait, qui agit}.

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