samedi 14 janvier 2023

Le fleuron {joyaux} des enseignements de Sri Ramana - 005b - Blog 062 - (20 août 2007 : extrait du chapitre 10 de HAB)


 Monday, 20 August 2007

The crest-jewel of Sri Ramana's teachings

Commentaire du premier verset maṅgalam (verset de bénédiction) d'Uḷḷadu Nāṟpadu. Un verset très important pour la suite des enseignements de Sri Ramana et le point de départ pour la pratique d'ātma-vicāra.

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À la page 529 de la deuxième édition e-book (page 555 de la prochaine édition imprimée) de la Félicité et l'Art d'Etre, je donne la traduction suivante du premier verset maṅgalam d'Uḷḷadu Nāṟpadu :

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En dehors de uḷḷadu ['ce qui est' ou être], existe-t-il une conscience d'être ? Puisque [cet] être-essence [cette substance existante ou réalité qui est] est dans [notre] cœur dépourvu de [toute] pensée, comment [ou qui peut] penser à [ou méditer sur cet] être-essence, qui est appelé 'cœur' ? Être dans [notre] cœur tel que [nous sommes vraiment] [c'est-à-dire tel que notre conscience non-duelle d'être, 'je suis', sans pensée] seul permet de méditer [sur notre être]. Connaissez [cette vérité en l'expérimentant].

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Dans le premier des deux versets de son pāyiram ou préface à Uḷḷadu Nāṟpadu, Sri Muruganar écrit que Sri Ramana a joyeusement composé ce texte clair et qui fait autorité en réponse à sa demande :

'Afin que nous puissions être sauvés, révèle-nous [gracieusement] la nature de la réalité et les moyens de l'atteindre [de la rejoindre, d'y accéder, de l'expérimenter ou d'être uni à elle]'.

En conséquence, dans ce premier verset du maṅgalam, Sri Ramana nous révèle à la fois la nature essentielle de la réalité et les moyens par lesquels nous pouvons l'expérimenter, ce qui n'est possible qu'en étant un avec elle.

Dans les deux premières phrases de ce verset, Sri Ramana révèle plusieurs vérités cruciales sur la nature de l'unique réalité absolue, qui est uḷḷadu ou 'ce qui est'.

Premièrement, il explique qu'il ne s'agit pas seulement d'être mais aussi de la conscience, car en dehors de 'ce qui est', il ne peut y avoir de conscience pour connaître 'ce qui est'. Par conséquent, 'ce qui est [réellement]' est conscient de soi-même - à savoir, il est absolument un être non duel conscient de lui-même {être auto-conscient, non-duel - être conscient de soi et non-duel}.

Deuxièmement, il dit que cette réalité ou 'être-essence' réellement existante existe sans pensées, ou dépourvue de pensée. En d'autres termes, il ne s'agit pas d'une simple pensée ou conception mentale, mais de la réalité fondamentale qui sous-tend et soutient l'existence apparente de notre esprit pensant et de toutes ses pensées. Cependant, bien qu'il soutienne l'apparence imaginaire des pensées, il est en réalité dépourvu de pensées, et donc dépourvu de la conscience pensante que nous appelons notre 'esprit {mental}', car cet esprit pensant et ses pensées sont irréels. Dans la vision claire de l'unique réalité consciente-de-soi, les pensées n'existent pas, car elles ne semblent exister que dans la vision déformée de notre esprit, qui est lui-même une pensée parmi les pensées qu'il imagine et connaît.

Troisièmement, il dit qu'elle existe 'dans le cœur', c'est-à-dire au plus profond de notre être. En d'autres termes, ce n'est pas simplement quelque chose qui existe en dehors de nous ou séparé de nous, mais c'est ce qui existe en nous comme notre propre réalité essentielle. Il ajoute également qu'il est appelé 'cœur', indiquant ainsi que le mot 'cœur' ne désigne pas simplement la demeure dans laquelle la réalité existe, mais désigne plus véritablement la réalité elle-même. De plus, puisque le mot uḷḷam signifie non seulement 'cœur' mais aussi 'je', en disant que la réalité ou 'l'essence d'être' qui existe vraiment s'appelle uḷḷam, Sri Ramana révèle que ce n'est pas quelque chose qui existe en tant qu'objet mais que c'est notre propre soi - notre être essentiel ou 'je'.

En d'autres termes, la réalité absolue existe non seulement en nous mais aussi en tant que nous. Elle est le véritable 'cœur' ou noyau de notre être. C'est-à-dire qu'elle est notre propre essence, substance ou réalité. Elle est ce que nous sommes vraiment. En dehors de l'unique réalité absolue, nous n'existons pas.

Parce que nous nous prenons pour ce mental pensant ou cette conscience connaissant l'objet, on dit que la réalité fondamentale unique existe en nous, mais ce n'est qu'une vérité relative - une vérité qui n'est vraie que par rapport à la perspective déformée de notre mental, qui expérimente des dualités telles que le sujet et l'objet, le 'soi' et 'l'autre', l''intérieur' et l''extérieur', et ainsi de suite. Puisque l'unique réalité fondamentale transcende toutes ces dualités, la vérité absolue sur sa nature n'est pas simplement qu'elle existe en nous, mais qu'elle existe en tant que nous.

Enfin, en demandant 'uḷḷa-poruḷ uḷḷal evaṉ ?', ce qui signifie 'comment [ou qui peut] méditer [sur cet] être-essence?', Sri Ramana souligne la vérité que, puisque la réalité absolue est ce qui transcende la pensée, elle ne peut être conçue par le mental ou atteinte par la pensée. Par conséquent, puisque sa nature est telle, quel est le moyen par lequel nous pouvons l''atteindre', la 'réaliser' ou l'expérimenter telle qu'elle est réellement ?

Étant donné qu'il s'agit non seulement de ce qui est totalement dépourvu de pensée, mais aussi de ce qui est essentiellement conscient de soi, et qu'il s'agit de notre propre 'cœur' ou de notre être essentiel, la seule façon dont nous pouvons en faire l'expérience est d'être tout simplement. En d'autres termes, le seul moyen par lequel nous pouvons 'atteindre' cette unique réalité absolue non duelle est de rester tout simplement tels que nous sommes vraiment, c'est-à-dire notre propre être véritable, essentiel, sans pensée et conscient de lui-même.

C'est pourquoi, dans la troisième phrase de ce verset, Sri Ramana dit :

'Être dans [notre] cœur tel qu'il est, c'est méditer [sur cette réalité réellement existante, que l'on appelle 'cœur']', déclarant ainsi avec insistance que cette pratique consistant à 'être tel que nous sommes' est le seul moyen par lequel nous pouvons faire l'expérience de la réalité absolue telle qu'elle est.

Ainsi, dans ce premier verset maṅgalam, Sri Ramana révèle succinctement à la fois la nature essentielle de la réalité et les moyens par lesquels nous pouvons l''atteindre', la 'réaliser' ou l'expérimenter telle qu'elle est réellement. Ainsi, en un mot, ce verset exprime l'essence même d'Uḷḷadu Nāṟpadu, et les quarante et un autres versets de ce texte profond sont une explication richement élaborée des vérités fondamentales qu'il a exprimées si brièvement, mais si clairement et puissamment dans ce premier verset.

En effet, puisqu'il révèle si clairement non seulement la nature de l'unique réalité absolue, mais aussi le seul moyen par lequel nous pouvons réellement en faire l'expérience, ce verset résume l'essence non seulement d'Uḷḷadu Nāṟpadu, mais de l'ensemble des enseignements de Sri Ramana. Il s'agit donc véritablement du cūḍāmaṇi ou du joyau {fleuron} de ses enseignements, et si nous sommes capables d'en comprendre toute la portée de manière correcte, complète et claire, nous avons véritablement compris l'essence même de ses enseignements.

Comme dans tous ses autres enseignements, Sri Ramana nous explique dans ce verset la nature de la réalité dans un seul but, à savoir diriger notre esprit vers la seule pratique qui nous permettra effectivement de faire l'expérience de la réalité telle qu'elle est vraiment. Si nous ne comprenons pas la nature réelle de notre objectif, nous ne serons pas en mesure de comprendre pourquoi la seule voie par laquelle nous pouvons 'atteindre' cet objectif est de nous entraîner {pratiquer, s'efforcer} à être simplement ce que nous sommes réellement depuis toujours.

Si notre but était autre que nous-mêmes, nous aurions une certaine distance à parcourir pour l'atteindre. Mais puisque nous sommes nous-mêmes le but que nous recherchons, il n'y a absolument aucune distance entre nous et lui, et donc le chemin par lequel nous pouvons l'atteindre ne peut être essentiellement différent de lui. Autrement dit, entre nous et notre but, qui est notre propre soi réel, il n'y a vraiment pas d'espace pour admettre {accueillir, adopter} un chemin autre que notre but. Par conséquent, notre chemin et notre but doivent être un dans leur nature essentielle. Puisque notre but {objectif} est simplement d'être conscient de soi et sans pensée, notre chemin doit également être simplement conscient de soi et sans pensée. Telle est la vérité essentielle que Sri Ramana révèle si clairement dans ce verset, et qu'il réitère en tant de mots différents tout au long de ses autres enseignements.

Dans notre état naturel de connaissance de soi absolument non-duelle, qui est notre but, notre expérience de notre être conscient-de-soi sans pensée est sans effort, car c'est ce que nous sommes toujours réellement. Cependant, dans notre état actuel, dans lequel nous nous imaginons être ce mental pensant, nous semblons ne pas être dépourvus de pensée, comme nous le sommes en vérité, et nous sentons donc que nous devons faire un effort pour faire l'expérience de notre être conscient-de-soi sans pensée. Ainsi, la seule différence entre notre chemin et notre but est l'effort qui semble maintenant nécessaire pour que nous puissions demeurer dans notre état naturel d'être conscient-de-soi sans pensée.

Dans cette voie, l'effort que nous devons faire n'est pas réellement un effort pour être, car nous sommes toujours sans effort, mais un effort pour éviter de nous prendre pour ce mental pensant. Tant que nous nous imaginons être ce mental, nous ne faisons pas l'expérience de nous-mêmes comme la véritable conscience de soi sans pensée qui est notre vraie nature. C'est pourquoi, afin d'éviter de nous prendre pour ce mental pensant, nous devons nous efforcer de concentrer toute notre attention sur notre être essentiel conscient-de-soi, 'je suis', en le soustrayant à toute pensée.

Cet état dans lequel nous concentrons toute notre attention sur notre propre être conscient de lui-même, excluant ainsi toutes les pensées, est le véritable état de 'méditation', que Sri Ramana décrit dans ce verset comme uḷḷattē uḷḷapaḍi uḷḷadē ou 'être seulement dans le cœur tel qu'il est [ou tel que nous sommes]'. En d'autres termes, puisque la véritable nature de notre soi essentiel ou 'cœur' n'est que d'être conscient de soi sans pensée, 'être dans le cœur tel qu'il est' n'est que l'état de demeurer calmement et paisiblement dans notre propre soi essentiel en tant que notre propre soi essentiel - c'est-à-dire, libre de toute pensée en tant que notre propre être conscient de soi non duel, 'je suis'.

Ainsi, la seule voie par laquelle nous pouvons 'atteindre' ou 'réaliser' notre propre soi essentiel, qui est la seule et unique réalité absolue, est cette simple pratique de la conscience de soi attentive - une conscience de soi si attentive qu'elle ne laisse absolument aucune place à l'émergence d'une quelconque pensée. Puisqu'aucune pensée ne peut s'élever à moins que nous y soyons attentifs, lorsque nous concentrons toute notre attention sur notre propre conscience de soi essentielle, 'je suis', nous excluons automatiquement la possibilité de l'émergence de toute pensée.

En d'autres termes, les pensées ne surgissent que parce que nous les pensons, et cet acte de pensée implique un détournement imaginaire de notre attention de notre conscience essentielle de soi, 'je suis'. Par conséquent, le seul moyen efficace de rester complètement libre de toutes les pensées - et donc complètement libre de notre mental, qui ne peut naître et sembler exister que par la pensée - est d'être simplement attentif, vif et vigilant à la conscience de soi.

Cet état d'être conscient de soi, sans pensée et donc sans mental, est l'état que Sri Ramana décrit comme 'être tel que nous sommes', et ce n'est pas seulement notre chemin mais aussi notre but. Lorsque nous pratiquons avec effort cette conscience de soi vigilante et donc sans pensée, c'est le chemin, et lorsque nous l'expérimentons sans effort comme notre état naturel inévitable, c'est notre but, qui est l'état absolument non-duel de la vraie connaissance de soi.

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