samedi 25 octobre 2025

Ramana Maharshi, Qui suis-je ? - en cours de traduction

 




Je ne sais pas combien de temps cela va prendre mais de temps en temps quelques passages seront postés.

extrait de : Note de l’éditeur et remerciements par Sandra Derksen :

Travailler sur ce livre a été un véritable travail d’amour. Ce fut une expérience très différente de mon travail précédent sur les Quarante versets sur ce qui est (Uḷḷadu Nāṟpadu) de Ramana Maharshi, car ce livre est de nature plus pratique. Bien que j’aie déjà lu la version familière du texte sous forme de questions-réponses chez d’autres auteurs, ce projet m’a donné l’occasion d’explorer les enseignements plus en profondeur, en découvrant de nouvelles perspectives et de nouveaux niveaux de compréhension. Il a été incroyablement utile à ma propre pratique spirituelle, me permettant de m’immerger dans les enseignements d’une manière plus profonde.

Bien que le format questions-réponses ait son utilité, il ne transmet pas la même profondeur et la même clarté que les traductions et les explications de Michael. Son travail fait ressortir des nuances et des points essentiels qui pourraient autrement passer inaperçus.

Dans l’une de ses conférences, Michael a dit quelque chose qui a profondément résonné en moi : Les enseignements de Bhagavan sont très, très simples, mais en même temps, ils sont très, très profonds et subtils. Nous devons comprendre et saisir clairement ce qu’il nous montre. Si nous comprenons ce qu’il veut dire, 99,999 % des questions disparaissent. La seule question qui reste en fin de compte est la suivante : ‘Qui suis-je ?’ C’est à cela que tout se résume.

Ce fut une joie de travailler sur ce livre, et je me réjouis d’y revenir souvent, de l’utiliser comme guide pour la contemplation et de mettre ses enseignements en pratique. J’espère qu’il servira de guide utile à tous ceux qui cherchent une compréhension plus profonde des enseignements de Bhagavan à travers les interprétations claires et fidèles de Michael.

Que la grâce de Bhagavan continue à vous guider dans votre voyage. Le fait même que ce livre soit parvenu jusqu’à vous est un signe que sa grâce est à l’œuvre.




jeudi 16 octobre 2025

Qui suis-je ? Version questions-réponses - questions 25 à 28 (fin)

 25. Qu’est-ce que la vision-connaissance (jnana dṛṣṭi) ?


ivvāṟu summā v-iruppadaṟku-t-tāṉ ‘ñāṉa-diruṣṭi’ eṉḏṟu peyar. summā v-iruppadāvadu maṉattai āṉma-sorūpattil layikka-c ceyvadē. aṉḏṟi, piṟar karuttu aṟidal, mu-k-kālam uṇardal, dūra dēśattil naḍappaṉa v-aṟidal āhiya ivai ñāṉa-diruṣṭi y-āha-māṭṭā. (paragraph 6)

Le nom ‘jñāna-dṛṣṭi’ [‘connaissance-vision’, voir à travers l’œil de la connaissance réelle ou de la conscience pure] est uniquement pour [ou se réfère uniquement à] être simplement de cette façon. Ce qui est être simplement (summā-v-iruppadu) {just being}, c’est seulement faire en sorte que le mental se dissolve [disparaisse ou meure] dans ātma-svarūpa [la vraie nature de soi-même]. Outre [cet état d’être simplement, dans lequel l’ego est dissous pour toujours dans ātma-svarūpa et ne s’élève donc pas du tout pour connaître quoi que ce soit d’autre], connaître les pensées d’autrui, connaître les trois temps [passé, présent et futur], et connaître ce qui se passe dans des lieux éloignés ne peut pas être jñāna-dṛṣṭi.

26. Quel est le rapport entre l’absence de désir et la sagesse ?

aṉṉiyattai nāḍādiruttal vairāggiyam alladu nirāśai; taṉṉai viḍādiruttal ñāṉam. uṇmaiyil iraṇḍum oṉḏṟē. (paragraph 11)

Ne pas s’occuper de quoi que ce soit d’autre [que soi-même] est vairāgya [renoncement ou détachement] ou nirāśā [absence de désir {indifférent}] ; ne pas abandonner [ou lâcher prise sur] soi-même est jñāna [connaissance véritable ou conscience réelle]. En vérité, [ces] deux [vairāgya et jñāna] ne sont qu’un.

27. Quelle est la différence entre l’investigation et la méditation ?

sadā-kālam-um maṉattai ātmāvil vaittiruppadaṟku-t tāṉ ‘ātma-vicāram’ eṉḏṟu peyar; dhiyāṉam-ō taṉṉai saccidāṉanda birahmmamāha bhāvippadu. (paragraph 16)

Le nom ‘ātma-vicāra’ désigne uniquement [ou se réfère uniquement au {est vraiment applicable uniquement au}] fait de toujours garder {à [la pratique consistant à] toujours garder (poser, placer, déposer, fixer, établir)} le mental sur ātmā [soi-même] ; tandis que dhyāna [méditation] consiste à considérer [penser ou imaginer] que l’on est sat-cit-ānanda brahman [l’unique réalité ultime, qui est existence-conscience-bonheur].

28. Qu’est-ce que la libération ?

bandhattil irukkum tāṉ yār eṉḏṟu vicārittu taṉ yathārtha sorūpattai-t terindu-koḷvadē mukti. (paragraph 16)

 [Par] l’investigation qui est celui qui est en servitude {qui suis-je = vicārittu taṉ}, connaître son yathārtha svarūpa [sa propre nature réelle] seul est mukti [libération].

Qui suis-je ? Version questions-réponses - question 24

 


24. Qu’est-ce que le bonheur ?

sukham-eṉbadu ātmāviṉ sorūpamē; sukhamum ātma-sorūpamum vēṟaṉḏṟu. ātma-sukham oṉḏṟē y-uḷḷadu; aduvē satyam. pirapañca-p-poruḷ oṉḏṟil-āvadu sukham-eṉbadu kiḍaiyādu. avaigaḷilirundu sukham kiḍaippadāha nām namadu avivēkattāl niṉaikkiṉḏṟōm. maṉam veḷiyil varum-pōdu duḥkhattai y-aṉubhavikkiṟadu. uṇmaiyil namadu eṇṇaṅgaḷ pūrtti-y-āhum-pōdellām adu taṉṉuḍaiya yathāsthāṉattiṟku-t tirumbi ātma-sukhattaiyē y-aṉubhavikkiṟadu. appaḍiyē tūkkam, samādhi, mūrccai kālaṅgaḷilum, icchitta poruḷ kiḍaikkiṟa-bōdum, veṟutta poruḷukku kēḍuṇḍāhum-bōdum, maṉam antarmukham-āhi ātma-sukhattaiyē y-aṉubhavikkiṟadu. ippaḍi maṉam ātmāvai viṭṭu veḷiyē pōvadum, uḷḷē tirumbuvadum-āha ōyviṉḏṟi y-alaikiṟadu. marattaḍiyil niṙal sukham-āy irukkiṟadu. veḷiyil sūriya-veppam koḍumai-y-āy irukkiṟadu. veḷiyil alaiyum oruvaṉ niṙaliṯ ceṉḏṟu kuḷircci y-aḍaikiṟāṉ. siṟidu nērattiṟku-p piṉ veḷi-k-kiḷambi veppattiṉ koḍumaik kāṯṟādu, maṟupaḍiyum marattaḍikku varugiṉḏṟāṉ. ivvāṟu niṙaliṉiṉḏṟu veyiliṯ pōvadum, veyiliṉiṉḏṟu niṙaliṯ celvadum-āy-irukkiṟāṉ. ippaḍi-c ceygiṟavaṉ avivēki. āṉāl vivēkiyō niṙalai-viṭṭu nīṅgāṉ. appaḍiyē ñāṉiyiṉ maṉamum birammattai viṭṭu nīṅguvadillai. āṉāl aññāṉiyiṉ maṉamō pirapañcattil uṙaṉḏṟu duḥkha-p-paḍuvadum, siṟidu nēram birammattiṟku-t tirumbi sukham aḍaivadum-āy irukkiṟadu. jagam eṉbadu niṉaivē. jagam maṟaiyum-bōdu adāvadu niṉaivaṯṟa-bōdu maṉam āṉandattai y-aṉubhavikkiṉḏṟadu; jagam tōṉḏṟum-pōdu adu duḥkhattai y-aṉubhavikkiṉḏṟadu. (paragraph 14)

Ce qu’on appelle sukha [bonheur, satisfaction, joie, aisance, confort ou agrément] n’est que svarūpa [la ‘forme propre’ ou nature réelle] d’ātmā [soi-même] ; sukha et ātma-svarūpa [notre propre nature réelle] ne sont pas différents. Ātma-sukha [le bonheur qui est soi-même] seul existe ; lui seul est réel. Ce que l’on appelle sukha [bonheur ou satisfaction] ne se trouve pas [obtenu ou disponible] dans même un seul des objets du monde. Nous pensons {croyons} que le bonheur est obtenu grâce à eux en raison de notre avivēka [manque de jugement, de discrimination ou de capacité à distinguer une chose d’une autre]. Lorsque le mental sort [d’ātma-svarūpa], il fait l’expérience de duḥkha [insatisfaction, inconfort, malaise, désagrément, malheur, détresse, souffrance, chagrin, tristesse, douleur ou affliction]. En vérité, chaque fois que nos pensées [souhaits ou espoirs] se réalisent {sont exaucées, sont satisfaites}, il [le mental] retournant à sa propre place [le cœur, notre vraie nature, qui est la source d’où il est sorti] n’éprouve {ne fait l’expérience, ne ressent} qu’ātma-sukha [le bonheur qui est soi-même]. De même, lors des périodes de sommeil, de samādhi [état de manōlaya ou de dissolution temporaire du mental provoqué par le prāṇāyāma ou d’autres pratiques de yōga de ce type] et d’évanouissement, et lorsque quelque chose d’agréable est obtenu, et lorsque la destruction [dommage, élimination ou suppression] se produit {survient} sur quelque chose d’indésirable, le mental devenant antarmukham [tourné vers l’intérieur] fait l’expérience uniquement d’ātma-sukha. De cette façon, le mental vagabonde sans cesse, allant à l’extérieur, abandonnant soi-même, et retournant [à nouveau] à l’intérieur. Au pied d’un arbre, l’ombre est agréable [confortable ou délicieuse]. À l’extérieur, la chaleur du soleil est intense [ou rigoureuse]. Une personne qui se promène à l’extérieur est rafraîchie [littéralement, obtient la fraîcheur ou le refroidissement] [en] allant à l’ombre. Après un court moment à émerger à l’extérieur, [mais] ne pouvant résister [ou supporter] la rigueur {sévérité, dureté} de la chaleur, il revient au pied de l’arbre. Il demeure ainsi, allant de l’ombre au soleil, et retournant du soleil à l’ombre. Une personne qui agit ainsi est un avivēki [quelqu’un qui manque de jugement, de discrimination ou de capacité à distinguer]. Mais un vivēki [quelqu’un qui peut juger, discriminer ou distinguer] ne quittera pas l’ombre. De même, le mental du jñāni [celui qui est conscient de sa nature réelle] ne quittera pas brahman [ce qui seul existe, à savoir la conscience pure, qui est bonheur infini et sa propre nature réelle]. Mais le mental de l’ajñāni [celui qui n’est pas conscient de sa nature réelle] continue à faire l’expérience de duḥkha [insatisfaction ou souffrance] [en] errant dans le monde, et obtenant pour un court moment sukha [satisfaction ou bonheur] [en] retournant à brahman. Ce qu'on appelle le monde est seulement pensée [car comme tout autre monde que nous expérimentons {vivons, percevons} dans un rêve, ce que nous expérimentons {vivons, percevons} comme le monde dans cet état de veille n’est rien d’autre qu’une série de perceptions, qui ne sont que des pensées ou des phénomènes mentaux]. Lorsque le monde disparaît, c’est-à-dire lorsque la pensée cesse, le mental fait l’expérience du bonheur ; lorsque le monde apparaît, il fait l’expérience de duḥkha [insatisfaction ou souffrance].

Qui suis-je ? Version questions-réponses - questions 16 à 20


 16. Quelle est la nature du Soi ?

yathārtham-āy uḷḷadu ātma-sorūpam oṉḏṟē. jaga-jīva-īśvarargaḷ, śippiyil veḷḷi pōl adil kaṟpaṉaigaḷ. ivai mūṉḏṟum ēka-kālattil tōṉḏṟi ēka-kālattil maṟaigiṉḏṟaṉa. sorūpam-ē jagam; sorūpam-ē nāṉ; sorūpam-ē īśvaraṉ; ellām śiva sorūpam ām.

Ce qui existe réellement est seulement ātma-svarūpa [la ‘propre forme’ ou la vraie nature de soi-même]. Le monde, l’âme et Dieu sont des kalpanaigaḷ [fabrications, imaginations, créations mentales, illusions ou superpositions illusoires] en elle, comme l’argent [illusoire] dans une coquille. Ces trois apparaissent simultanément et disparaissent simultanément. Svarūpa [notre propre forme ou véritable nature] seule est le monde {sorūpam-ē jagam} ; svarūpa seule est ‘je’ [ego ou âme] {sorūpam-ē nāṉ} ; svarūpa seule est Dieu {sorūpam-ē īśvaraṉ} ; tout est śiva-svarūpa [la ‘forme propre’ ou véritable nature de śiva, le tout infini unique, qui est soi-même] {ellām śiva sorūpam ām}.

17. Tout n’est-il pas l’œuvre de Dieu ?

icchā-saṅkalpa-yatnam-iṉḏṟi y-eṙunda ādittaṉ saṉṉidhi-māttirattil kānta-k-kal aggiṉiyai-k kakkuvadum, tāmarai malarvadum, nīr vaṯṟuvadum, ulahōr tattaṅ kāriyaṅgaḷil piraviruttittu iyaṯṟi y-aḍaṅguvadum, kāntattiṉ muṉ ūsi cēṣṭippadum pōla saṅkalpa-rahitar-āy-irukkum īśaṉ saṉṉidhāṉa-viśēṣa-māttirattāl naḍakkum muttoṙil alladu pañcakiruttiyaṅgaṭ kuṭpaṭṭa jīvargaḷ tattam karmāṉusāram cēṣṭit taḍaṅgugiṉḏṟaṉar. aṉḏṟi, avar saṅkalpa-sahitar allar; oru karumam-um avarai y-oṭṭādu. adu lōka-karumaṅgaḷ sūriyaṉai y-oṭṭādadum, ēṉaiya catur-bhūtaṅgaḷiṉ guṇāguṇaṅgaḷ viyāpakam-āṉa ākāyattai y-oṭṭādadum pōlum. (paragraph 15)

Tout comme en la simple présence du soleil, qui s’est levé sans icchā [goût, souhait ou désir], saṁkalpa [désir, volonté ou intention] [ou] yatna [effort ou exertion], une pierre solaire [sūryakānta, une gemme qui est censée émettre du feu ou de la chaleur lorsqu’elle est exposée au soleil] émettant du feu, un lotus qui fleurit, l’eau qui s’évapore, et les gens du monde qui commencent [ou s’engagent dans] leurs kāryas [activités] respectives, font [ces kāryas] et cessent [ou s’apaisent], et [tout comme] devant un aimant une aiguille se déplace, les jīvas [êtres vivants], qui sont soumis {sujets} à [ou pris au piège de] muttoṙil [la triple fonction de Dieu, à savoir la création, le maintien et la dissolution du monde] ou pañcakṛtyas [les cinq fonctions de Dieu, à savoir la création, le maintien, la dissolution, dissimulation et grâce], qui se produisent par la seule [ou rien de plus que] la nature spéciale de la présence de Dieu, qui est saṁkalpa rahitar [celui qui est dépourvu de toute volonté ou intention], se déplacent [exercent ou s’engagent dans une activité] et s’apaisent [cessent d’être actifs, deviennent immobiles ou dorment] conformément à leurs karmas respectifs [c’est-à-dire conformément non seulement à leur karma ou destin prārabdha, qui les pousse à faire toutes les actions nécessaires pour qu’ils fassent l’expérience de toutes les choses agréables et désagréables qu’ils sont destinés à expérimenter, mais aussi à leurs karma-vāsanās, leurs inclinations à penser, à parler et à agir de manière particulière, qui les disposent à faire des efforts pour faire l’expérience de choses agréables et pour éviter de faire l’expérience de choses désagréables]. Néanmoins, il [Dieu] n’est pas saṁkalpa sahitar [celui qui est lié {connecté, rattaché, associé} à ou possède une quelconque volonté ou intention] ; même un seul karma n’adhère pas à lui [c’est-à-dire qu’il n’est lié {limité, contraint} ou affecté {concerné} en aucune façon par un karma ou une action quelconque]. C’est comme les actions du monde [les actions qui se produisent ici sur terre] qui n’adhèrent pas [ou n’affectent pas] le soleil, et [comme] les qualités et les défauts des quatre autres éléments [terre, eau, air et feu] qui n’adhèrent pas à l’espace omniprésent.

18. Parmi les dévots, qui est le plus grand ?

āṉma-cintaṉaiyai-t tavira vēṟu cintaṉai kiḷambuvadaṟku-c caṯṟum iḍam-koḍāmal ātma-niṣṭhāparaṉ-āy iruppadē taṉṉai īśaṉukku aḷippadām. (paragraph 13)

Être en ātma-niṣṭhāparaṉ [celui qui est fermement établi en soi-même {Être complètement absorbé dans ātma-niṣṭhā = situé en soi, reposant en soi}], ne laissant pas la moindre place à la montée {apparition, émergence} de toute autre cintana [pensée] excepté ātma-cintana [pensée de soi-même : contemplation de soi ou attention à soi], c’est s’abandonner {se donner} uniquement à Dieu.

19. Qu’est-ce que le non-attachement ?

niṉaivugaḷ tōṉḏṟa-t tōṉḏṟa appōdaikkappōdē avaigaḷai-y-ellām uṯpatti-sthāṉattilēyē vicāraṇaiyāl naśippikka vēṇḍum. (paragraph 11)

Au fur et à mesure que les pensées apparaissent, à ce moment-là {immédiatement, à ce moment précis, sur le champ, alors et là}, il est nécessaire de les annihiler toutes par vicāraṇā [investigation ou intense attention à soi] à l’endroit même d’où elles surgissent {dont elles sont issues, naissent, apparaissent}.

muttu-k-kuḷippōr tam-m-iḍaiyil kallai-k kaṭṭi-k-koṇḍu mūṙki-k kaḍal-aḍiyil kiḍaikkum muttai eppaḍi eḍukkiṟārgaḷō, appaḍiyē o-vv-oruvaṉum vairāggiyattuḍaṉ taṉṉuḷ ḷ-āṙndu mūṙki ātma-muttai y-aḍaiyalām. (paragraph 11)

De même que les plongeurs de perles, qui s’attachent des pierres à la taille et plongent, ramassent les perles qui se trouvent au fond de l’océan, de même chacun, en plongeant au plus profond de soi avec vairāgya [liberté du désir d’être conscient de quoi que ce soit d’autre que soi-même], peut obtenir ātma-muttu [la perle de soi, c’est-à-dire la perle qui est notre propre véritable nature].

20. N’est-il pas possible que Dieu et le guru procèdent à la libération d’une âme ?

Dieu et guru ne font que montrer le chemin pour atteindre la libération (mukti), mais ils ne peuvent pas, de leur propre chef, établir les jīvas dans libération.

Notes: from “The different texts of “Who am I? Mountain Path Mountain Path, Aradhana Issue, 1994”

Notes : à partir de “Les différents textes de ‘ Qui suis-je ? Mountain Path Mountain Path, Aradhana Issue, 1994”

kaḍavuḷ-um guru-v-um uṇmaiyil vēṟallar. puli-vāyil paṭṭadu evvāṟu tirumbādō, avvāṟē guruviṉ-aruḷ-pārvaiyil paṭṭavargaḷ avarāl rakṣikka-p-paḍuvarē y-aṉḏṟi y-oru-k-kāl-um kaiviḍa-p-paḍār; eṉiṉum, guru kāṭṭiya vaṙi-p-paḍi tavaṟādu naḍakka vēṇḍum.

En vérité, Dieu et le guru ne sont pas différents. Tout comme ce qui a été pris dans les mâchoires d’un tigre ne reviendra pas, ceux qui ont été pris dans le regard [ou vision {attention, vue}] de la grâce du guru ne seront jamais abandonnés {délaissé} mais seront sûrement sauvés par lui ; néanmoins, il est nécessaire de marcher {de se comporter, d’agir} infailliblement en accord avec le chemin {la voie} que le guru a montré. (paragraph 12)

taṉṉai-t taṉṉuḍaiya ñāṉa-k-kaṇṇāl-tāṉ-ē y-aṟiya vēṇḍum. rāmaṉ taṉṉai rāmaṉ-eṉḏṟaṟiya-k kaṇṇāḍi vēṇḍum-ā? (paragraph 16)

Il est nécessaire de se connaître soi-même uniquement par son propre œil de jñāna [pure conscience]. Est-ce qu’[une personne appelée] Raman a besoin d’un miroir pour se connaître en tant que Raman ?

Qui suis-je ? Version questions-réponses - questions 21 à 23

 


21. Est-il nécessaire, pour celui qui aspire à la libération, de chercher à connaître la nature des catégories (tattvas) ?

kuppaiyai-k kūṭṭi-t taḷḷa-vēṇḍiya oruvaṉ adai y-ārāyvadāl eppaḍi-p payaṉ-illai-y-ō appaḍi-y-ē taṉṉai y-aṟiya-vēṇḍiya oruvaṉ taṉṉai maṟaittu-koṇḍirukkum tattuvaṅgaḷ aṉaittaiyum sērttu-t taḷḷi-viḍāmal avai ittaṉai-y-eṉḏṟu kaṇakkiḍuvadāl-um, avaṯṟiṉ guṇaṅgaḷai ārāyvadāl-um payaṉ-illai. pirapañcattai oru soppaṉattai-p-pōl eṇṇi-k-koḷḷa vēṇḍum. (paragraph 17)

Tout comme celui qui a besoin de ramasser [ou de balayer] et de jeter des ordures [ne tirerait] aucun avantage en examinant [investiguant ou analysant], de même celui qui a besoin de se connaître [ne tirerait] aucun avantage à, au lieu de rejeter collectivement tous les tattvas {réalité, vérité ; essence, principe essentiel ; élément ou substance primaire ; on en compte 24 ou 25} qui se cachent en lui-même, calculer qu’ils sont si nombreux et examiner leurs qualités. Il est nécessaire de considérer le monde [que l’on croit être une expansion ou une manifestation de tels tattvas] comme un rêve.

22. Y a-t-il une différence entre l’état de veille et de rêve ?

jāgram dīrgham, soppaṉam kṣaṇikam eṉbadu tavira vēṟu bhēdam-illai. jāgrattil naḍakkum vivahāraṅgaḷ ellām e-vv-aḷavu uṇmai-y-āha-t tōṉḏṟugiṉḏṟaṉa-v-ō a-vv-aḷavu uṇmai-y-āha-v-ē soppaṉattil naḍakkum vivahāraṅgaḷ-um a-k-kālattil tōṉḏṟugiṉḏṟaṉa. soppaṉattil maṉam vēṟoru dēhattai y-eḍuttu-k-koḷḷugiṟadu. jāgram soppaṉam iraṇḍil-um niṉaivugaḷ-um nāma-rūpaṅgaḷ-um ēka-kālattil nihaṙgiṉḏṟaṉa. (paragraph 18)

Outre le fait de dire que l’état de veille est dīrgha [de longue durée] et que l’état de rêve est kṣaṇika [momentané ou ne durant qu’un court instant], il n’y a pas d’autre différence [entre eux]. Dans la mesure où tous les vyavahāras [activités, affaires, transactions ou événements] qui se produisent à l’état de veille semblent être réels, dans cette mesure même les vyavahāras qui se produisent dans l’état de rêve semblent à ce moment-là être réels. Dans le rêve, le mental prend un autre corps [pour être lui-même]. Dans l’état de rêve comme dans l’état de veille, les pensées et les noms et formes [les phénomènes qui constituent le monde apparemment extérieur] se produisent en une seule fois [ou simultanément].

23. Est-il utile de lire des livres pour ceux qui aspirent à la libération ?

ennūlilum mukti y-aḍaivadaṟku maṉattai y-aḍakka vēṇḍum-eṉḏṟu solla-p-paṭ ṭuḷḷapaḍiyāl, maṉōnigrahamē nūlgaḷiṉ muḍivāṉa karuttu eṉ ḏṟaṟindu-goṇḍa piṉbu nūlgaḷai y-aḷaviṉḏṟi-p paḍi-p-padāl payaṉ-illai. maṉattai y-aḍakkuvadaṟku-t taṉṉai yār eṉḏṟu vicārikka vēṇḍum-ē y-allāmal eppaḍi nūlgaḷil vicārippadu? taṉṉai-t taṉṉuḍaiya ñāṉa-k-kaṇṇāl-tāṉ-ē y-aṟiya vēṇḍum. ‘tāṉ’ pañca kōśaṅgaḷukkuḷ ḷ-iruppadu; nūlgaḷ-ō avaṯṟiṟku veḷiyil iruppavai. āhaiyāl, pañca kōśaṅgaḷai-y-um nīkki vicārikka vēṇḍiya taṉṉai nūlgaḷil vicārippadu vīṇē. kaṯṟavai y-aṉaittaiyum oru-kālattil maṟakka vēṇḍi-varum. (paragraph 16)

Puisque dans chaque texte [de l’advaita vēdānta] il est dit que pour atteindre mukti [libération] il est nécessaire de faire cesser {de détruire} le mental, après avoir appris que manōnigraha [retenue, subjugation ou destruction du mental] constitue à elle seule l’intention [le but ou l’objectif] ultime de [ces] textes, il n’y a aucun bénéfice [à gagner] en étudiant des textes sans limite. Pour faire cesser {pour détruire} le mental, il est nécessaire de faire une investigation de soi-même [pour voir] qui [on est réellement], [mais] au lieu de [faire cela], comment [peut-on se voir soi-même en] faisant une investigation {recherchant, investiguant} dans les textes ? Il est nécessaire de se connaître soi-même uniquement par son propre œil de jñāna [pure conscience]. ‘Soi-même’ se trouve à l’intérieur des pañca-kōśas [les ‘cinq enveloppes’ qui semblent recouvrir et obscurcir ce que l’on est réellement, à savoir le corps physique, la vie, le mental, l’intellect et la volonté] ; tandis que les textes sont en dehors d’eux. Par conséquent, faire l’investigation dans les textes [afin de se connaître] soi-même, pour lequel il est nécessaire de faire une investigation [en tournant son attention vers l’intérieur et ainsi] en mettant de côté [en excluant, en retirant, en abandonnant ou en se séparant de] tous les pañca-kōśas, est inutile. A un moment donné, il sera nécessaire d’oublier tout ce que l’on a appris.

Qui suis-je ? Version questions-réponses - questions 13 à 15

 


13. Les impressions résiduelles (pensées) des objets semblent interminables comme les vagues d’un océan. Quand seront-elles toutes détruites ?

toṉḏṟutoṭṭu varugiṉḏṟa viṣaya-vāsaṉaigaḷ aḷavaṯṟaṉavāy-k kaḍal-alaigaḷ pōl tōṉḏṟiṉum avai-yāvum sorūpa-dhyāṉam kiḷamba-k kiḷamba aṙindu-viḍum.

Même si les viṣaya-vāsanās [inclinations à faire l’expérience d’autres choses que soi-même], qui viennent de temps immémoriaux, s’élèvent [en tant que pensées ou phénomènes] en nombre incalculable comme les vagues de l’océan, elles seront toutes détruites lorsque svarūpa-dhyāna [l’attention à soi, la contemplation de notre ‘propre forme’ ou vraie nature] augmente et augmente [en profondeur et en intensité].

14. Est-il possible que les impressions résiduelles d’objets qui viennent de temps immémoriaux, pour ainsi dire, soient détruites et que l’on demeure le pur soi ?

toṉḏṟutoṭṭu varugiṉḏṟa viṣaya-vāsaṉaigaḷ aḷavaṯṟaṉavāy-k kaḍal-alaigaḷ pōl tōṉḏṟiṉum avai-yāvum sorūpa-dhyāṉam kiḷamba-k kiḷamba aṙindu-viḍum. attaṉai vāsaṉaigaḷum oḍuṅgi, sorūpa-māttiram-āy irukka muḍiyumā v-eṉṉum sandēha niṉaivukkum iḍam koḍāmal, sorūpa-dhyāṉattai viḍā-p-piḍiyāy-p piḍikka vēṇḍum. oruvaṉ evvaḷavu pāpiyāy irundālum, ‘nāṉ pāpiyāy irukkiṟēṉē; eppaḍi-k kaḍaittēṟa-p pōgiṟēṉ’ eṉḏṟēṅgi y-aṙudu-koṇḍirāmal, tāṉ pāpi eṉṉum eṇṇattaiyum aṟavē y-oṙittu sorūpa-dhyāṉattil ūkkam uḷḷavaṉāha v-irundāl avaṉ niścayamāy uru-p-paḍuvāṉ. (paragraph 10)

Sans même laisser place à la pensée qui doute {sandēha niṉaivu} : ‘Tant de vāsanās à détruire [ou à dissoudre], est-il possible d’être {de demeurer} seulement en tant que svarūpa [ma propre forme ou vraie nature] ?’, il est nécessaire de s’accrocher avec ténacité à l’attention à soi. Aussi grand pécheur que l’on puisse être {Peu importe l’ampleur de nos péchés ou par implication, peu importe à quel point notre mental peut être impur}, si au lieu de se lamenter et de pleurer ‘Je suis un pécheur ! Comment vais-je être sauvé ?’, on rejette complètement l’idée qu’on est pécheur et qu’on est fervent {déterminé} [ou ferme] dans l’attention à soi {svarūpa-dhyāna}, on sera certainement réformé [transformé de s'élever en tant qu'ego à celui de svarūpa {transformé en ce qu’on est réellement, uruppaḍuvāṉ = nous serons transformés en notre propre véritable et éternelle forme, qui est libre de la pensée, infinie, transcendant tout, absolue et parfaitement claire conscience de soi.}.

nalla maṉam eṉḏṟum keṭṭa maṉam eṉḏṟum iraṇḍu maṉaṅgaḷ illai. maṉam oṉḏṟē. vāsaṉaigaḷē śubham eṉḏṟum aśubham eṉḏṟum iraṇḍu vidam. maṉam śubha-vāsaṉai vayattāy niṟgum-bōdu nalla maṉam eṉḏṟum, aśubha-vāsaṉai vayattāy niṟgum-bōdu keṭṭa maṉam eṉḏṟum solla-p-paḍum. (paragraph 19)

Il n’y a pas deux mentals, à savoir un bon mental {parfait, excellent} et un mauvais mental {corrompu, ruiné}. Le mental est seulement un {oṉḏṟē}. Seules les vāsanās [inclinaisons ou propensions] sont de deux sortes, à savoir śubha [agréable, vertueux ou bon] et aśubha [désagréable, méchant, nuisible ou mauvais]. Lorsque le mental est sous l’emprise des śubha vāsanās, on dit que c’est un bon mental, et lorsqu’il est sous l’emprise des aśubha vāsanās un mauvais mental.

piṟar e-vv-aḷavu keṭṭavargaḷāy-t tōṉḏṟiṉum avargaḷai veṟuttal āhādu. viruppu-veṟuppugaḷ iraṇḍum veṟukka-t takkaṉa. pirapañca viṣayaṅgaḷil adhikam-āy maṉattai viḍa-k kūḍādu. sāddhiyamāṉa-varaiyil, aṉṉiyar kāriyattil piravēśikka-k kūḍādu. piṟarukku oruvaṉ koḍuppadu ellām taṉakkē koḍuttu-k-koḷḷugiṟāṉ. i-vv-uṇmaiyai y-aṟindāl evaṉ-dāṉ koḍādu oṙivāṉ? (paragraph 19)

Aussi mauvais que les autres puissent paraître, ne pas les aimer n’est pas correct {convenable} [ou approprié]. Les goûts et les aversions {attirances et répulsions = viruppu-veṟuppu} sont tous deux aptes {appropriés} [pour soi] à être détestés [rejetés ou renoncés]. Il n’est pas approprié de laisser son mental [s’attarder {se poser, demeurer}] excessivement sur les affaires du monde. Dans la mesure du possible, il n’est pas approprié de s’immiscer dans les affaires des autres {dans la vie des autres}. Tout {ellām} ce que l’on donne aux autres, on ne le donne qu’à soi-même. Si l’on connaissait cette vérité {uṇmaiyaṟivu = connaissance de la vérité, connaissance véritable}, qui en effet resterait sans donner ?

maṉattai y-aḍakki-k-koṇḍirundāl, eṅgē y-irundālum irukkalām. (paragraph 20)

Si l’on [continuellement {constamment, en permanence}] restreint [réduit, soumet] le mental, où que l’on soit, on peut être [ou laisser être {ou être simplement}].

15. Pendant combien de temps l’investigation doit-elle être pratiquée ?

maṉattiṉgaṇ edu-varaiyil viṣaya-vāsaṉaigaḷ irukkiṉḏṟaṉavō, adu-varaiyil nāṉ-ār eṉṉum vicāraṇai-y-um vēṇḍum. niṉaivugaḷ tōṉḏṟa-t tōṉḏṟa appōdaikkappōdē avaigaḷai-y-ellām uṯpatti-sthāṉattilēyē vicāraṇaiyāl naśippikka vēṇḍum. oruvaṉ tāṉ sorūpattai y-aḍaiyum varaiyil nirantara sorūpa-smaraṇaiyai-k kai-p-paṯṟuvāṉ-āyiṉ adu-v-oṉḏṟē pōdum. kōṭṭaikkuḷ edirigaḷ uḷḷa-varaiyil adilirundu veḷiyē vandu-koṇḍē y-iruppārgaḷ. vara vara avargaḷai-y-ellām veṭṭi-k-koṇḍē y-irundāl kōṭṭai kaivaśa-p-paḍum. (paragraph 11)

Aussi longtemps que les viṣaya-vāsanās {tendances ou désirs de faire l’expérience de choses autres que soi-même} existent dans le mental, aussi longtemps l’investigation {vicāraṇai} qui suis-je {nāṉ-ār} est nécessaire. Au fur et à mesure que les pensées apparaissent, à ce moment-là {immédiatement, à ce moment précis, sur le champ, alors et là}, il est nécessaire de les annihiler toutes par vicāraṇā [investigation ou intense attention à soi] à l’endroit même d’où elles surgissent {dont elles sont issues, naissent, apparaissent}. Si l’on s’accroche fermement {avec conviction, vigoureusement} à svarūpa-smaraṇa [souvenir de soi] sans interruption jusqu’à ce que l’on obtienne svarūpa [notre propre nature réelle, c’est-à-dire nous-mêmes tels que nous sommes en réalité], cela seul est suffisant. Tant que les ennemis [à savoir les viṣaya-vāsanās] sont à l’intérieur de la forteresse [c’est-à-dire son propre cœur {à savoir le mental, ou plus précisément la volonté}], ils en sortiront continuellement. Si on les réduit [ou les détruit] continuellement au fur et à mesure qu’ils arrivent, la forteresse sera [finalement] capturée.